Ritaline ou Rilatine, disons méthylphénidate… ou pas, en cas de troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ? La question fait toujours débat. Suscitant de vives réactions de la part des partisans et des opposants. En juillet 2001, à la demande du SPF Santé publique, le Conseil supérieur de la santé (CSS) avait émis un avis sur la "sécurité et les effets secondaires de stimulants". Suite à cet avis, des informations complémentaires ont été demandées sur les diagnostics nécessitant la prise de méthylphénidate, les outils existant d’aide pour poser ces diagnostics, l’état des lieux en matière de traitement, les effets d’une utilisation inadaptée de cette molécule… Les réponses à ces questions ont été rassemblées dans un nouvel avis que vient de publier le CSS. (1)

A propos du diagnostic de TDAH, il ressort de cet avis qu’il ne peut être posé sur l’unique base d’un questionnaire, d’une échelle quelconque ou d’une observation. Le diagnostic, la dispense de conseils et la mise en place du traitement - a fortiori s’il est médicamenteux -, peut-on lire dans le rapport, font partie des missions d’une équipe d’experts de deuxième et troisième lignes. Cela étant, une fois défini par le spécialiste de deuxième ligne, le traitement médicamenteux peut se poursuivre sous la surveillance du médecin généraliste, moyennant un contrôle annuel par un spécialiste de deuxième ligne.

Ces professionnels, actifs auprès des enfants, des adolescents et des adultes doivent, selon le CSS, dans le cadre de l’enseignement et de la formation, acquérir des connaissances et des aptitudes spécifiques en matière de diagnostic lié à l’âge, de soins et de traitement. Si les enseignants n’ont pas pour mission de dépister le TDAH chez les enfants, ils doivent acquérir les connaissances et aptitudes afin d’accompagner les enfants présentant des troubles comportementaux "grâce à des méthodes de soutien efficaces et positives", afin de les aider à acquérir de nouveaux comportements…

Et les parents dans tout ça ? Il faudrait leur offrir des programmes d’entraînement aux aptitudes parentales, efficaces et accessibles, organisés en groupe, suggèrent les experts consultés. De même, des formations de groupe - le cas échéant une offre individuelle - doivent être accessibles aux enfants, adolescents et adultes atteints de TDAH. Et en cas d’effet insuffisant ? Un traitement médicamenteux (de type méthylphénidate) combiné peut être administré; il est même "de mise en cas de TDAH sévère", d’après ces experts. Pour ce qui est des adultes (plus de 18 ans), l’avis du CSS est catégorique : "le traitement médicamenteux constitue le premier choix. La thérapie cognitive et comportementale peut être utile en cas de réponse insuffisante. Elle peut être une alternative à la médication si le patient ne prend aucune médication, que ce soit par choix, du fait d’une intolérance ou d’une absence de réponse au traitement médicamenteux".

Reste à savoir comment, concrètement, mettre en œuvre certaines de ces recommandations qui ne manqueront pas de relancer le débat. Pour ce faire, " il faudrait d’abord adapter le paysage des soins de santé mentale belge, permettre le développement des prises en charge psycho-sociales et en améliorer l’accessibilité ", indiquent les auteurs.


(1) Cet avis peut être consulté dans son entièreté sur le site du CSS : www. CSS-hgr.be