Les femmes porteuses d’implants mammaires provenant de la société varoise PIP (Poly Implant Prothèse) (1) seront-elles ou non invitées à repasser sur le billard pour se faire retirer ces tristement fameuses prothèses ? Telle est la question qui demeure à ce jour sans réponse. En attendant que le gouvernement français communique d’ici la fin de la semaine son plan d’action, l’inquiétude légitime est grande chez les nombreuses femmes concernées, d’autant que, selon les sources, les informations s’avèrent discordantes.

Tantôt très alarmistes, comme cet article du quotidien "Libération" affirmant qu’après des cas de cancers suspects les autorités avaient l’intention d’inviter les 30 000 Françaises concernées à se faire retirer ces implants. Tantôt plus nuancées, comme les informations émanant de l’Agence fédérale du médicament et des produits de santé (AFMPS), dont la porte-parole, Anne Eeckhout, nous rappelait qu’aucun lien de cause à effet entre le port de ces prothèses et les cas de cancer n’est à ce jour établi, même s’il s’avère que le risque de rupture est deux fois supérieur pour lesdites prothèses. (LLB du 21/12/2011)

Voire des réactions carrément rassurantes, comme le communiqué envoyé mercredi par la Société belge de chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice (RBSPS), pour laquelle " il n’y a aucune raison d’avoir une inquiétude excessive " concernant l’emploi de prothèses mammaires en Belgique. Rappelant l’historique des cas suspects et des risques de cancers ainsi que de décès signalés dans divers pays, la RBSPS a, elle aussi, tenu à souligner que " pour l’instant, il n’est pas clairement établi que l’emploi de prothèses PIP pourrait être lié à une incidence plus élevée d’une forme très rare de lymphome, l’Anaplastic Large Cell Lymphoma (ALCL) et éventuellement à un décès ". Faisant référence à une réunion d’experts qui s’est tenue fin août 2011 aux Etats-Unis, la RBSPS confirme que " les prothèses mammaires sont sûres et qu’il n’existe en ce moment pas suffisamment d’indications dans la littérature scientifique sur un lien entre leur usage et d’éventuelles maladies des tissus conjonctifs ou des affections malignes spécifiques ".

Pas de panique, donc, du moins en l’état actuel des connaissances, s’il faut en croire la RBSPS qui invite néanmoins toutes les patientes qui auraient des plaintes relatives à leurs implants à les rapporter à la Société (2). Si une rupture peut être asymptomatique, en présence de certains signes d’appel cliniques (modification de la forme ou de la consistance du sein, douleur, rougeur, grossissement d’un ganglion sous le bras), les patientes devront néanmoins impérativement consulter leur médecin.

(1) La firme PIP a été condamnée en France pour l’utilisation dans ses implants d’un gel de silicone non médical , différent de celui qui avait été approuvé.

(2) Les plaintes peuvent être adressées à info@rbsps.org.