Ce dernier, qui craint que ces jeunes ne deviennent dépendants au jeu, attire l'attention des pouvoirs publics, des organisateurs et fournisseurs de jeux, dont la Loterie Nationale, sur leurs responsabilités.

Selon une étude du CRIOC ayant pour objectif d'évaluer la participation des jeunes (10 à 17 ans) aux jeux d'argent, ces derniers commencent à jouer à des jeux de hasard dès l'âge de 13 ans et 5 mois en moyenne. Trois jeunes joueurs sur cinq ont déjà acheté des billets à gratter sans difficulté, alors qu'ils sont mineurs et que c'est interdit par la loi.

Les jeux de hasard gratuits en ligne sont les plus prisés par les jeunes. Ils y jouent en moyenne 4 fois par semaine, selon les résultats de cette étude. Un jeune sur trois met en avant les billets à gratter comme jeu préféré. Un jeune sur sept dit que son préféré est le jeu de cartes pour de l'argent. Les autres jeux populaires sont la loterie et le poker.

Pour le CRIOC, trop de jeunes jouent aujourd'hui à des jeux d'argent légalement interdits pour leur âge, "mais pourtant vendus de manière laxiste par les entreprises publiques". "La sensibilisation des vendeurs mérite une attention particulière de la Loterie Nationale", poursuit le centre de recherche des organisations de consommateurs. Ce dernier estime même que des poursuites doivent être menées non seulement contre les vendeurs mais aussi contre la Loterie Nationale. Car, dit-il, la dépendance au jeu ne peut être encouragée.

D'autres organisateurs et fournisseurs de jeux de hasard doivent également être sanctionnés, selon le CRIOC, dès le moment où ils permettent à des jeunes de participer à des jeux de hasard avant la majorité. Dans ses "recommandations", le centre souligne que l'accoutumance constitue un réel danger, même si elle ne semble pas se manifester dans l'immédiat. Les parents doivent être conscients de ce danger et que l'achat de jeux en tant que jouets n'encourage pas à la prise de conscience.

Et le CRIOC de prôner aussi la prudence en matière de jeux sur internet ou à la télé. Pour lui, une façon d'interdire l'accès à des jeux de hasard en ligne aux jeunes serait l'enregistrement et le contrôle de l'identité et de l'âge au préalable.

L'étude du CRIOC a été réalisée sur base d'un échantillon de 1.538 jeunes de 10 à 17 ans. La moyenne d'erreur totale sur l'échantillon est de 2,1 pc. L'étude complète peut être consultée sur le site internet du CRIOC: www.crioc.be.