Les 22 pays membres de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont voté jeudi un budget de 14,4 milliards d'euros pour financer les nouveaux programmes sur une durée de cinq ans, une somme record, a annoncé à Séville son directeur général, Ian Wörner, au deuxième et dernier jour d'une conférence ministérielle de l'organisation à Séville. L'enveloppe est supérieure à la somme initialement proposée (14,3 milliards d'euros) par l'ESA à ses Etats membres, dont la Belgique est d'ailleurs l'une des fondatrices. Elle est aussi en nette hausse par rapport aux 10 milliards votés lors de la précédente réunion du même type, en 2016.

Ce budget, qui va financer les nouveaux programmes spatiaux sur une durée de trois à cinq ans, atteint une somme inégalée depuis la fondation de l'organisation intergouvernementale, en 1975.

"C'est un pas de géant pour l'Europe", a réagi Jean-Yves Le Gall, le président du CNES, l'agence spatiale française "On a battu tous les records en termes d'engagements financiers", s'est-il félicité.

L'Allemagne s'est dite fière d'être au premier rang si l'Europe veut jouer un rôle plus important dans l'espace avec des projets ambitieux et davantage d'investissements. Elle a ainsi alloué 3,3 milliards d'euros pour les trois prochaines années, a confié son négociateur en chef, Thomas Jarzombek, à l'agence de presse allemande DPA, alors que sur la période 2017-2019, l'effort allemand s'élevait à environ 1,9 milliard d'euros. Il s'agit de la plus grosse enveloppe, devant la France (2,7 milliards), faisant de l'Allemagne le premier pays contributeur de l'ESA sur le long terme.

"Mais sur les trois prochaines années, la France reste en tête", a précisé le ministère français de la Recherche.

L'Allemagne est également "très satisfaite" que l'Europe, face à la concurrence internationale croissante, y compris dans le secteur privé, accorde plus d'attention à l'espace que par le passé.

L'ESA prévoit une montée en puissance dans le domaine des sciences de l'univers, de l'exploration (missions sur Mars et sur la Lune) et d'observation de la Terre avec notamment le programme de surveillance du changement climatique, Copernicus, pour qui l'agence spatiale va fournir de nouvelles sentinelles. Le développement du nouveau lanceur Ariane-6 et une mission vers la Lune seront ainsi entre autres au centre des priorités pour les prochaines années, ressort-il de la conférence à Séville.

En plus de participer au programme lunaire américain Artemis, l'Europe enverra en effet également des Européens vers le satellite nature de la Terre, a assuré Jan Wörner.