Permettant d’éviter une intervention chirurgicale avec trépanation (ndlr : opération qui consiste à percer un trou dans la boîte crânienne), l’embolisation cérébrale se pratique depuis une quinzaine d’années pour traiter les anévrismes du cerveau. Rappelons qu’un anévrisme est "une dilatation localisée de la paroi d’une artère aboutissant à la formation d’une poche de taille variable, communiquant avec l’artère au moyen d’une zone rétrécie que l’on nomme le collet". Si environ 5 pc de la population sont porteurs d’anévrismes, seuls 2 ou 3 pc de ces personnes seront victimes d’une rupture d’anévrisme. La technique endovasculaire, ou embolisation, dont il est question, consiste à placer, au sein de l’anévrisme, un microcathéter permettant d’implanter des filaments dans l’artère malade pour boucher l’anévrisme de l’intérieur sans ouvrir le crâne.

Si cette technique, surtout réservée aux anévrismes avec un collet étroit, a fait ses preuves depuis une quinzaine d’années, l’équipe neurovasculaire de l’hôpital universitaire Erasme vient de publier la première étude mondiale démontrant son efficacité et sa sécurité en tant que traitement de référence pour les anévrismes complexes. "Ces anévrismes à collet large représentent tout de même 40 à 50 pc des cas, nous explique le Pr Boris Lubicz, qui dirige le service de Neuroradiologie interventionnelle à l’hôpital Erasme et à qui a été confiée la direction de l’étude mondiale baptisée Sunrise, nous avons voulu étudier la faisabilité et la sécurité pour ces patients de la technique du stenting, qui consiste à placer une prothèse devant l’anévrisme."

Les résultats qui sont à présent publiés s’avèrent plus qu’encourageants. "Ils démontrent non seulement que ceci est faisable, mais aussi que l’on peut traiter des patients avec une sécurité importante pour des anévrismes aussi complexes, nous dit le Pr Lubicz, en outre, nous avons montré que la prothèse, en l’occurrence un corps étranger, est très bien tolérée par l’artère cérébrale. À cinq ans, on n’a pas observé de rejet. Enfin, encore plus important et étonnant, cette technique cicatrise l’anévrisme beaucoup mieux que ce que l’on pensait. Il s’agit donc d’un traitement définitif, d’une stabilité parfaite à long terme."

À l’hôpital Erasme, 90 pc à 95 des patients présentant un anévrisme, rompu ou non rompu, sont à présent traités par embolisation, devenu le traitement de préférence, contre 5 à 10 pc par chirurgie. Les bénéfices pour le patient sont multiples : absence de cicatrice et de maux de tête chroniques, taux de complications plus faible, séjour d’hospitalisation réduit de trois à quatre fois. Ainsi un patient qui présente un anévrisme qui n’a pas saigné ne restera que trois jours en hôpital en cas d’embolisation.