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Heureusement pas aussi répandue que les poux, la gale, pourtant très contagieuse, n’est pas une maladie d’hier et d’ailleurs. Pour preuve, la "petite" épidémie qui vient de toucher l’Internat autonome mixte de la Communauté française de Couvin, où sept cas ont été récemment détectés parmi des élèves. L’un d’entre eux, diagnostiqué chez un dermatologue au mois de janvier, avait réintégré l’établissement scolaire sans avertir le corps enseignant, contaminant ainsi ses condisciples et obligeant l’internat à ferme ses portes, mercredi dernier. Vendredi, Delphine Lebec, administratrice de l’internat s’est vue contrainte de faire appel à une société spécialisée pour désinfecter les locaux. Dont coût : 4 000 euros. L’établissement scolaire devrait rouvrir ses portes ce lundi.

"Cette maladie reste encore très fréquente, nous confirme le Dr Véronique del Marmol, chef du service de dermatologie à l’Hôpital Erasme de Bruxelles, toutes les semaines, nous diagnostiquons des cas dans notre service. Si cette maladie s’avère d’autant plus contagieuse qu’il y a un manque d’hygiène, quelqu’un de tout à fait propre peut très bien la contracter s’il a été en contact direct avec une autre personne contaminée, ou avec du linge, des vêtements ou tout autre objet ou surface sur lesquels se trouvait le parasite, sachant que la durée de vie du parasite lorsqu’il ne peut plus se nourrir de la peau humaine n’excède pas deux jours. Ainsi une patiente a-t-elle attrapé la gale sur un banc solaire qui n’avait pas été désinfecté".

Le diagnostic de gale sarcoptique ne se pose pas aussi facilement qu’on pourrait le penser. "Au début, cela démarre par de terribles démangeaisons, qui s’intensifient au fil des jours et qui peuvent s’avérer particulièrement importantes la nuit, nous explique encore la dermatologue, c’est un véritable cauchemar pour le patient qui, à force de se gratter, verra apparaître des lésions semblables à une forme d’eczéma et liées aux irritations locales. L’examen à la loupe permet d’observer des sillons caractéristiques de la maladie, qui sont creusés sous la peau par le parasite lorsqu’il se nourrit. Certaines localisations du corps comme les zones interdigitales, les poignets, la région ombilicale, la courbure des fesses, la face interne des cuisses sont plus souvent touchées que d’autres. Le prurit peut avoir une recrudescence nocturne mais, à l’exception du bébé, il épargne le visage".

Pour éradiquer ce parasite, un grand nettoyage à plus de 60°C de la literie (draps, oreillers, couette), du linge de toilette, des vêtements s’impose. "La transmission directe, corps à corps, est la plus fréquente, précise le Dr del Marmol, ensuite, par les tissus et, enfin, les surfaces, mais de manière nettement plus exceptionnelle et sachant que le parasite ne pourra survivre dans cet environnement au-delà de deux jours". D’où l’inutilité de désinfecter des locaux ou des objets passé ce délai. La période d’incubation, quant à elle, dure 3 semaines mais 1 à 3 jours en cas de réinfestation.

Pour le patient, qui devra être traité aussi rapidement que possible afin d’éviter de contaminer son entourage, il existe, sous forme de crèmes ou onguents - dont le contact doit se prolonger 10 ou 12 heures pour être efficace - des traitements locaux qui paralysent, étouffent puis tuent les parasites.