Les décès suite à des actes de liposuccion ne sont malheureusement pas des faits isolés. L'annonce, mardi (26/02), du décès d'une jeune femme de 33 ans, originaire de Tirlemont, paraît d'autant plus dramatique que le médecin auteur de l'intervention avait déjà été entendu pour une affaire similaire en mars 2002. L'enquête avait alors démontré que, suite à une liposuccion, la patiente était décédée d'une embolie pulmonaire.

Cette fois, la jeune femme avait perdu connaissance peu après l'acte chirurgical, mercredi dernier, et avait été emmenée dans le coma aux services des urgences de l'hôpital Hartziekenhuis de Tirlemont, où elle est décédée lundi matin. Une enquête a été ouverte: le médecin a été interrogé et le dossier de la patiente saisi. Le juge d'instruction Decoux a ordonné une autopsie afin de déterminer les causes exactes du décès.

La lipoaspiration a beau être aujourd'hui l'opération cosmétique la plus fréquente en chirurgie plastique, elle n'en est pas pour autant anodine. Il s'agit d'une aspiration chirurgicale de la graisse sous-cutanée superficielle ou profonde. Elle peut se pratiquer, par de petites incisions, en différents endroits de localisation des amas graisseux: ventre, haut des cuisses, hanches, faces internes des genoux, mollets, joues. Selon l'importance et la localisation, l'intervention se fait sous anesthésie locale ou générale. Après infiltration de solutions visant à liquéfier les graisses, on introduit des canules branchées à un aspirateur.

En juillet 2000, l'Académie royale de médecine de Belgique a émis un avis quant aux risques engendrés par la liposuccion. On peut y lire que «seuls les médecins qualifiés peuvent pratiquer cette intervention chirurgicale dans un environnement disposant du matériel de base, notamment en ce qui concerne la réanimation. (...) Les éventuels risques, dont certains peuvent s'avérer fatals, dépendent du patient, de la qualification de la personne qui réalise l'opération, de l'endroit où celle-ci s'effectue et de son importance.»

Et de dresser la liste des complications: hémorragie, infection, nécrose cutanée, paresthésie, problèmes de cicatrisation, déformités de contours, perforation abdominale, thrombose veineuse profonde, embolie et oedème pulmonaires, embolie graisseuse, insuffisance cardiaque, arythmies, réaction à l'anesthésie... Vu l'importance de l'intervention et la gravité des complications, l'Académie estime qu'une formation approfondie doit être requise pour la réalisation de ce type d'opération. Elle ne peut être effectuée que par des chirurgiens plastiques, dans une infrastructure et avec du matériel appropriés. Au-delà de cinq litres de particules graisseuses aspirées, l'opération se déroulera en milieu hospitalier.

© La Libre Belgique 2003