De la taille d’une boîte à chaussures, pour quelque 5 kg, SuperCam va déployer ses "super-pouvoirs" du haut d’un mât. Avec des outils supplémentaires d’analyse et de commande américains, placés dans le corps du rover. "C’est une vigie géophysique, qui donnera la direction pour aller prélever un échantillon et examiner son environnement", explique l’astrophysicien Sylvestre Maurice, de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie, qui a conçu l’instrument. La tête de SuperCam est équipée d’un laser, dont le tir sur une roche, jusqu’à 7 m de distance, en vaporise une minuscule partie sous forme de plasma. La lumière émise est analysée par un spectromètre dévoilant "les éléments dont sont fait les roches", comme le fer, la silice ou l’aluminium. Une caméra haute résolution, en couleurs cette fois, complète cette première observation pour caractériser les cibles choisies.

Mais "pour aller vers des traces de vie, il faut plus que la chimie, et analyser les molécules, faire de la minéralogie", explique le chercheur. Ce qui nécessite trois techniques supplémentaires. SuperCam aura donc recours à un tir laser en lumière verte, jusqu’à 12 mètres, associé à une spectrométrie Raman qui observe comment les atomes de matière s’organisent. Un spectromètre infrarouge complétera cette observation en analysant, jusqu’à l’horizon, la façon dont la lumière du soleil est réfléchie par la cible. Enfin, un microphone, "une première sur Mars", informera sur la dureté de la roche, grâce à l’analyse du "clac" que fait le tir de laser en la frappant.