Le bouddhisme s'étend en Europe. En Belgique, le nombre de croyants n'atteint pas encore le nombre de croyants des religions monothéistes mais il est en expansion. En France, on en dénombre environ 800000. Le bouddhisme a l'habitude de s’adapter aux pays dans lesquels il s’exporte. Il n’est pas figé. Sa tradition à l'exportation n'est pas d’imposer des rites ou des croyances, il se contente de servir l’homme là où il en a besoin.

On peut répartir les pratiquants bouddhistes belges sur une mosaïque complexe. On retrouve deux types de centres bouddhistes. Ceux qui sont le lieu de rassemblement de communautés issues directement de pays bouddhistes (temples japonais, vietnamiens, tibétains). Et les temples occidentalisés. Le bouddhisme belge est ainsi divisé en une série de tendances, avec des pratiques qui varient selon le pays d’origine du temple. Les traditions les plus répandues sont le bouddhisme zen d’origine japonaise et le bouddhisme tibétain.

On considère qu’il y a trois grandes tendances du bouddhisme dans le monde. On peut les comparer aux schismes qu’a connus le christianisme dans son histoire avec la séparation entre les courants catholique et orthodoxe, puis entre catholiques et protestants. La Belgique rassemble des écoles bouddhistes de toutes les tendances.

Le bouddhisme n’impose aucun rite et aucune obligation. La méditation très pratiquée en occident est souvent réservée aux moines en Asie. Les Belges prennent en fait les pratiques qui les concernent, celles qui leur servent et qui paraissent les plus adaptées à leur culture.

Selon Baudouin Decharneux, historien des religions, « il y a un processus d’acculturation du bouddhisme dans les pays dans lesquels il s’exporte. Ne serait-ce qu’à cause de la langue. C’est toujours un phénomène de relecture. La religion tente de se frayer un chemin au travers des mœurs, des pratiques linguistiques, de systèmes de représentation du monde qui sont différents d’une culture à l’autre et donc elle ne peut pas être transposée comme telle. »

Le mot « compassion » au sens bouddhiste orientale par exemple, n’a pas du tout la même signification en occident. En Orient, compassion signifie l’empathie désintéressée pour tous les êtres alors qu’en occident compassion signifie plutôt la pitié au sens péjoratif.

Le bouddhisme ne cherche pas à imposer des croyances. Le prosélytisme existe mais il est très limité, surtout en Occident. Les Européens ont été le chercher eux-mêmes quand ils en avaient besoin.

Michel Deprèay, président de l’Union bouddhique belge conclut : « Il ne s’agit pas que tous les gens deviennent bouddhistes, il ne s’agit pas de convertir des gens. Il s’agit que des communautés puissent s’épanouir et il s’agit aussi de diffuser un message, qui est d’ailleurs très souvent associé au bouddhisme. C’est-à-dire un message, des valeurs de non-violence, des valeurs de tolérance. A un moment où beaucoup de gens, beaucoup de groupes sont tentés par un repli identitaire, par un repli sur soi, au contraire le bouddhisme lui va inviter à ce qu’on s’ouvre à l’autre et à ce qu’on l’accueille. »