« La pleine conscience, c’est prendre pleinement conscience de ce qu’il se passe en nous, être attentif à nos pensées et analyser tout notre ressenti. Le but est de mieux se connaître » explique Edel Maex, psychiatre à l’hôpital ZNA Middelheim d’Anvers.

Le phénomène est né aux Etats-Unis et Edel Maex l’a importé en Flandre. Il se développe depuis une vingtaine d’années dans plusieurs pays d’Europe (Autriche, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre) et arrive peu à peu en France et dans le monde francophone belge où il est déjà pratiqué à l’hôpital Erasme à Anderlecht.

La technique de la pleine conscience (« mindfulness » en anglais) est validée par de nombreuses études scientifiques américaines. Elle permet une meilleure connaissance de soi grâce aux efforts mis à apprendre à gérer ses pensées et ses émotions négatives. Le Dalaï Lama a lui-même entretenu de nombreux contacts avec les chercheurs pour étudier les effets de la méditation sur le cerveau et le psychisme. Cela montre toute l’estime qu’a le chef spirituel tibétain pour la science occidentale, et souligne également l’importance que prend ce courant dans notre médecine en occident.

A Anvers, la thérapie de la pleine conscience de déroule en « trois ou quatre heures par jour de méditation pendant huit semaines. Ce sont des thérapies de groupe mais la séance se poursuit quand le patient rentre chez lui, où il reprend sa méditation avec un CD d’accompagnement » explique Edel Maex.

La technique utilisée est le scan corporel. Ce n’est pas de la relaxation. « On passe par tous les endroits du corps pour détecter les tensions puis on prend conscience de ses inquiétudes. Si le médecin dit au patient qu’il souffre de stress, le patient le sait bien et cela n’est pas utile. Mais avec cette technique on commence à comprendre soi-même ce qui passe par le corps et on va apprendre à gérer cela. C’est un exercice qui met l’attention sur le corps puis sur l’esprit. Un peu comme le Yoga mais sans acrobaties. Les dernières séances, on regarde surtout les tensions et on en tire des leçons pour soigner la patient » explique le psychiatre.

Ce ne sont pas moins de 3000 personnes qui sont venus à Anvers depuis l'introduction de la thérapie pour soigner leurs maux divers. La technique de la pleine conscience fait des heureux depuis 15 ans. Toute une littérature fleurit sur le sujet.