Il y a quelques jours, la Chine marquait l'Histoire en envoyant dans l'espace le premier module de sa future station spatiale nommée Tiangong. Si la mise en orbite a été un succès, c'est un autre détail qui fait beaucoup parler. En effet, l'étage central du lanceur Long March 5, qui a propulsé l'élément de la station, va retomber sur Terre de façon totalement incontrôlée. Pour le dire autrement, les scientifiques ne savent pas où cet objet de 21 tonnes va s'écraser, ni quand. Au mieux, ils peuvent citer une fourchette allant du 8 au 12 mai. Il n'en fallait pas plus pour que certains s'inquiètent et craignent que l'étage de la fusée ne tombe dans une zone habitée.

Alors, est-ce possible? Pour en avoir le coeur net, le Huffington Post a interrogé Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris. "Dans l'histoire de la conquête spatiale, il n'y a jamais eu de cas de retombées d'objets qui finissent par atteindre l'Homme", précise d'emblée l'expert. Et, pourtant, les rentrées incontrôlées dans l'atmosphère sont extrêmement fréquentes. Selon lui, il y en aurait environ une par semaine !

Peu probable...

Il n'empêche que, cette fois, l'objet est beaucoup plus gros que d'habitude. Comme l'explique Futura Sciences, il est très rare que des objets de "plus de 10 tonnes soient délibérément laissés en orbite pour rentrer dans notre atmosphère de manière incontrôlée." Or, rappelons-le, le lanceur dont nous parlons fait 21 tonnes. Un "détail" qui ne change toutefois pas grand chose. Etant donné que notre Terre est recouverte de 70% d'eau, les chances sont grandes que l'étage de la fusée finisse dans l'océan. De plus, 95% de la population mondiale vit actuellement sur une surface qui équivaut à 10% de la Terre entière. Pour se rassurer, rappelons également que l'année dernière, un morceau du même lanceur était lui aussi retombé sur Terre de façon incontrôlée. Lourd de 17 tonnes, il avait fini dans l'océan Atlantique. A l'époque, de nombreux observateurs s'étaient réjouis du spectacle, "le plus spectaculaire de ces 30 dernières années". Il n'empêche que certains se demandent pourquoi la Chine ne prévoit pas de retour contrôlé de ses appareils, étant donné que d'autres pays le font déjà.