Encouragée par le ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, la consommation de médicaments génériques pourrait s'avérer plus dangereuse qu'on l'imagine pour la santé du patient et plus coûteuse pour la collectivité.

D'après une enquête réalisée auprès d'une centaine de médecins par le magazine des Glems (Groupes locaux d'évaluation médicale) de l'Absym (Association belge des syndicats médicaux), les génériques sont la cause directe de 0,4 pc des chutes et sont impliqués dans des erreurs de dose causant 24 pc de l'ensemble des chutes. Les médicaments qui causent des chutes sont les somnifères (42 pc), antidouleurs (12 pc), bétabloquants (10 pc) et diurétiques (8 pc). "La qualité des médicaments génériques n'est pas en cause, précise le Dr Roland Lemye, secrétaire général de l'Absym, mais, si la bioéquivalence est sans doute réelle dans la plupart des cas, elle n'implique pas que les génériques soient parfaitement identiques. Les excipients peuvent être différents ainsi que la présentation". Ils peuvent ainsi causer des allergies, entraîner un retard de l'effet recherché ou être source de confusion chez le patient, qui semble éprouver du mal à mémoriser le nom du générique qu'il prend.

"Les médicaments génériques enregistrés sont efficaces et sûrs, a réagi le ministre Rudy Demotte qui conteste cette étude. Ils permettent aussi de substantielles économies pour le patient et l'assurance maladie."