Sciences & Espace

A la question "Comment qualifieriez-vous votre état de santé?":

- un Belge sur deux (50%) répond "bon",

- près de 28% le qualifient de "ni bon ni mauvais", 

- 12,5 % de "très bon". 


Pourtant, à la question suivante "Prenez-vous des médicaments…":

- 57,3% disent en prendre "tous les jours", 

- 5,6 % "souvent

- et près de 30% "rarement",

- seuls 7,7% des répondants ne consomment "jamais" de médicaments.


C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée, par internet et par téléphone, auprès de plus de 2000 personnes en Belgique, par Solidaris et Multipharma. Cela, notamment afin de mieux cerner les connaissances concernant les médicaments en vente libre et la manière d'y avoir recours.

"Contrairement à ce qui est couramment avancé, et bien que l’automédication ne soit pas nécessairement négative, l’étude confirme que ce ne sont pas les catégories les plus favorisées qui recourent le plus aux médicaments en vente libre mais bien les plus défavorisées, observent les auteurs de l'enquête. Soit deux fois plus parmi ceux qui déclarent des difficultés financières fréquentes (38 % contre 17 %). Le report de soins (consultation du médecin généraliste) et la nécessité de "tenir le coup" notamment pour ne pas être en arrêt de travail sont probablement des explications à ce phénomène". Pour certains, "il est plus facile de consommer des médicaments que de prendre vraiment le temps de se reposer".


Des connaissances parfois lacunaires

Pour ce qui est des connaissances concernant les médicaments, près de 87% sont tout de même conscients que "normalement, une alimentation équilibrée fournit quasiment toutes les vitamines dont on a besoin" et 63,3 % savent que "le plus important en cas de forte diarrhée, c'est de boire beaucoup d'eau". Moins d'un Belge sur deux (47,2 %) sait qu'un adulte peut prendre jusqu'à grand maximum 4 grammes de paracétamol par jour. Les trois quarts savent aussi que prendre régulièrement des laxatifs pour lutter contre la constipation n'est pas sans danger ou encore 82,5 % savent qu'il est faux de croire que "si un enfant de deux ans n'arrive pas à dormir parce qu'il tousse, on peut lui donner un antitussif pour adulte de la boîte à pharmacie, en adaptant les doses".

En revanche, les connaissances pour ce qui concerne la fièvre, les maux de dos chroniques, les sprays pour le nez ou encore les maux de tête s'avèrent moins précises. Voire relativement lacunaires au point de mettre parfois la santé en péril. "Ces connaissances sont par ailleurs largement marquées du sceau des inégalités sociales", fait-on encore remarquer dans cette enquête qui souligne en outre le fait que " même quand une connaissance est acquise, elle n’est souvent pas suffisamment intégrée dans les pratiques de consommation."

Pour ce qui est des meilleurs scores enregistrés quant à la connaissance des médicaments, ils s'observent chez les femmes et dans les familles où il y a des enfants.

Quid des comportements?

Près des trois quarts (70,9 %) disent toujours faire attention à ne pas dépasser les doses quotidiennes d'anti-inflammatoires (type ibuprofène) et plus de la moitié (56,4 %) vérifie la date de péremption des médicaments conservés à la maison. Seuls 52,8 % lisent systématiquement la notice d'un médicament pris pour la première fois. Et en cas de constipation, à peine une personne sur quatre (24,6 %) essaie toujours de se soigner en changeant son alimentation. De même, les bons réflexes en cas de nez bouché ne sont que rarement adoptés.

Interrogés sur la confiance qu'ils ont envers les pharmaciens et les médecins, les Belges francophones leurs accordent le plus grand crédit s'agissant de "parler médicament".

Et si 65,5 % des patients (75 % des médecins) considèrent le médicament comme "avant tout un remède efficace contre les maladies", 76,3 % des patients (et 56 % des médecins) le voient "avant tout comme une bonne solution quand il n'y a pas d'autres alternatives plus naturelles", tandis que 52,6 % des patients (et 29 % des médecins) estiment que c'est "avant tout un produit chimique à éviter à tout prix"!