Enchaîner les épisodes de notre série préférée sur Netflix est quelque chose de tout à fait banal. D'ailleurs, la plate-forme nous incite même à le faire. "Début du prochain épisode dans dix secondes", peut-on lire sur l'écran.

On savait déjà que "binge-watcher" avait un impact certain sur notre sommeil, sur notre mémoire ou encore sur notre libido. Mais des chercheurs américains viennent également de conclure qu'avoir ce comportement boulimique menacerait notre santé mentale, peut-on lire sur Futurity.

L'article explique que plus nous regardons d'épisodes violents et pessimistes, plus nous sommes susceptibles de développer ce qu'on appelle "le syndrome du monde méchant", qui est un biais psychologique qui présuppose que nous allons assimiler le monde vu à l'écran au monde réel.

Pour arriver à cette conclusion, une professeur de communication de l'Université de Boston et son équipe ont eu recours à quelques "cobayes". 366 étudiants adeptes du "binge-watching" ont été soumis aux cinq séries les plus "enchaînées", en automne 2015 : House of Cards, Marco Polo, Daredevil, Bloodline et Unbreakable Kimmy Schmidt.

On a demandé ensuite aux étudiants de noter sur une échelle de 1 à 7 à quel point ils adhéraient à certaines phrases-types comme "La plupart du temps, les gens ne pensent qu'à eux", "La plupart des gens sont honnêtes", "la plupart des gens ont bon cœur" ou encore "La plupart des gens abuseraient de moi s'ils en avaient l'occasion".

Et les conclusions sont claires : plus les sujets "binge-watchaient" ces séries, au plus ils trouvaient le monde dangereux et effrayant.

Des scientifiques révèlent ne pas être étonnés par ces résultats. Le petit écran reflète en fait les inégalités présents dans nos sociétés. En analysant minutieusement les scènes de violence (physiques ou verbales), ils en ont conclu que les personnages violents présents dans ces séries faisaient écho aux stéréotypes de genre et de race.

"Les coupables blancs bénéficiant souvent de justifications morales, au contraire des coupables racisés", explique Sarah Krongard, une des autrices de l'étude.

À ça s'ajoutent également chez certains adeptes du "binge-watching" de la dépression, du stress voire des crises d'angoisse.