Plus de la moitié des patients cancéreux sont encore admis dans un hôpital durant leur dernier mois de vie et y décèdent dans la majorité des cas, alors que la plupart des patients palliatifs souhaitent décéder chez eux, souligne mardi l'Agence InterMutualiste (AIM) sur base d'une étude réalisée avec la Fondation Registre du Cancer (FRC). 

Si certaines hospitalisations sont nécessaires ou souhaitées en fin de vie, les décès à l'hôpital ou des hospitalisations (répétées) en fin de vie sont considérés comme un indicateur d'une moindre qualité de fin de vie, indiquent l'AIM et la FRC, qui ont analysé les données de 24.972 patients décédés après le diagnostic d'un cancer.

L'étude a révélé que plus de la moitié des patients cancéreux ont encore été admis dans un hôpital durant le dernier mois de leur vie. 

Les hommes et les patients relativement plus jeunes présentent un risque d'admission plus élevé, au contraire des patients séjournant à domicile et qui sont bénéficiaires du forfait palliatif. Ce forfait prévoit une intervention pour les médicaments, le matériel de soins et les dispositifs médicaux. 

Lorsqu'une équipe d'accompagnement multidisciplinaire de soins palliatifs est impliquée dans les soins (chez 50% des patients bénéficiant d'un forfait palliatif) et lorsque les patients sont encadrés de manière intensive par leur médecin généraliste, le risque d'hospitalisation est également plus faible.

Le risque d'hospitalisation ne dépend pas exclusivement des caractéristiques du patient. L'AIM et le FRC ont constaté également des différences entre arrondissements, "qui s'expliquent probablement par des différences dans l'offre de soins".

Une étude Cochrane basée sur plus de 37.000 patients et 4.000 aidants proches arrive aux mêmes conclusions.

A la lumière de celles-ci, les trois fédérations belges en faveur du développement des soins palliatifs (FWSP-FBSP-FPZV) demandent au gouvernement fédéral "de mettre fin au gel budgétaire qui existe depuis 2008 et de donner des moyens financiers supplémentaires pour les équipes d'accompagnement multidisciplinaire de soins à domicile ainsi que pour les résidents palliatifs dans les maisons de repos et de soins, et le renforcement des équipes mobiles intra hospitalières".