Si certaines données demeurent imprécises et parfois occultées "pour les besoins de l’enquête", on peut néanmoins affirmer sans trop de risque de se tromper que la Belgique a été relativement épargnée par ce scandale des prothèses mammaires de la société française Poly implant prothèse (PIP). Du moins par comparaison avec d’autres pays comme la France, l’Angleterre ou le Brésil Soit de 300 000 à 400 000 femmes potentiellement concernées dans le monde, selon les estimations !

D’après les chiffres communiqués par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS), 674 implants mammaires PIP ont été "utilisés" sur le territoire belge. "Nous sommes dans un contexte frauduleux, et il reste difficile de donner des chiffres précis, nous dit Ann Eeckhout, porte-parole de l’AFMPS. Cela étant, à part l’une ou l’autre rare exception, ces prothèses n’ont pas été implantées de manière standardisée dans le circuit hospitalier belge, la majorité l’ayant été dans des petites cliniques privées".

Si aucune plainte contre l’AFMPS n’a été introduite en justice, l’Agence a enregistré 26 notifications de rupture, deux pour des réactions inflammatoires, cinq pour perspiration du gel à travers l’enveloppe tandis que 70 retraits préventifs ont été effectués.

Qu’en est-il du remboursement des frais liés aux explantations préventives ou non ? "Depuis 2006, l’assurance soins de santé remboursait déjà tout enlèvement d’implant mammaire en cas de complication médicale, qu’il s’agisse d’une fuite du produit, d’un déplacement entraînant une gêne , nous rappelle Sandrine Bingen, de la cellule communication de l’Inami. Et cela, même si la raison initiale de l’implant était d’ordre esthétique. Etant donné l’avis du Conseil supérieur de la santé de février 2012 relatif aux prothèses PIP, le comité de l’assurance de l’Inami a approuvé une règle interprétative selon laquelle les prothèses PIP qui ne sont pas encore déchirées doivent être considérées comme une ‘complication potentielle’. Dans ce contexte, l’assurance soins de santé rembourse désormais aussi l’enlèvement des prothèses PIP".

Ainsi, sans faire de distinction entre raison médicale ou esthétique à l’origine de l’implantation, notre assurance soins de santé rembourse tout enlèvement que ce soit en raison d’une complication médicale avérée, ou d’une menace de complication dans le cas d’une prothèse PIP. "On tient compte du ‘risque’ médical". "De ce fait, nous ne connaissons pas le nombre précis d’enlèvements de prothèses PIP remboursés, nous dit-on encore à l’Inami. Par contre, chaque chirurgien a l’obligation de transmettre pour analyse à l’AFMPS tout implant enlevé, qu’il soit de marque PIP, similaire ou endommagé."