Ce vendredi matin, vers 10h30, une importante déflagration a été entendue dans la capitale, notamment dans l'Ouest et le Nord de Bruxelles, jusque dans la périphérie flamande. Si ce bruit a inquiété de nombreux internautes, qui ont même senti leurs fenêtres vibrer, il a en fait simplement été causé par des avions de la Défense qui ont franchi le mur du son lors d'une mission d'assistance à un appareil en difficulté.

Le franchissement du mur du son est un phénomène physique aéronautique. Il se produit lorsqu'un avion atteint ou dépasse la vitesse du son, soit 340 mètres par seconde ou 1230 km/h. Egalement appelée Mach 1, cette vitesse ne peut pas être atteinte par n'importe quel appareil. Les avions de ligne classiques sont soumis à des réglementations et volent en général à une vitesse moyenne comprise entre 800 à 900km/h. Les avions de chasse, comme les F16 de la Défense belge, peuvent eux se déplacer à des vitesses plus importantes et facilement dépasser les 1230km/h.

"Onde de choc"   

L'avion, en se déplaçant, créé une onde sonore, à l'image des vaguelettes dans un liquide. A partir du moment où l'appareil dépasse les 1230 km/h, il rattrape l'onde sonore qu'il a créée en avançant. La vitesse de l'avion dépasse en somme la vitesse du son qu'il produit. Cela entraîne une soudaine modification de la pression de l'air, qui crée une "onde de choc". Cette onde va produire un bruit bref et puissant, semblable au "bang" d'une explosion. C'est une déflagration supersonique.

L'observateur au sol pourra entendre ce bruit, mais seulement après le passage de l'avion. Lorsqu'il lèvera la tête, l'avion sera déjà bien plus loin vu qu'il se déplace plus vite que le son qu'il produit. Ce bruit peut s'entendre tant que la vitesse de l'avion reste supérieure ou égale à celle du son, et pas seulement au franchissement de la vitesse du son.

Le mur du son a été officiellement franchi pour la première fois le 14 octobre 1947 par l’Américain Charles Yeager.