L’arrêté pris ce mardi par la bourgmestre Laura Iker est lié à la forte suspicion de présence dans l’eau de cyanobactéries (des analyses sont en cours). Dimanche après-midi, un chien est mort après avoir bu de l’eau dans l’Ourthe, au niveau des anciens prés de Tilff. Cette eau pourrait être riche en cyanotoxines. D’autres communes pourraient être touchées : Comblain-au-Pont, Hamoir ou Ferrières.

Les cyanobactéries ou algues bleues sont des bactéries d’eaux douces, qui recouvrent la surface de l’eau, sous la forme de masses et écumes vertes. Elles représentent un danger pour l’homme et les mammifères. Ces bactéries se développent dans les eaux peu profondes, tièdes et calmes et les grandes chaleurs de ces derniers jours ont favorisé leur présence. "Semblables à des algues bleues, ces bactéries photosynthétiques sont naturellement présentes en eaux douces, indique-t-on du côté du Centre régional de crise de Wallonie. Leur prolifération est favorisée par les températures élevées, un ensoleillement élevé, le faible niveau d’eau et l’eutrophisation des eaux (trop riches en phosphates et nitrates)."

Hors des zones prévues

À Esneux, la baignade n’était en fait déjà pas autorisée, mais "suite aux fortes chaleurs, de nombreuses personnes sont tentées de se baigner en dehors des zones de baignade autorisées dont la qualité de l’eau est régulièrement contrôlée par le Service public de Wallonie, poursuit-on au centre de crise. Le danger de ces cyanobactéries provient des toxines qu’elles sécrètent qui peuvent causer des troubles de la santé chez l’homme et les animaux tant au contact qu’à l’ingestion ou à l’inhalation." Les animaux domestiques s’abreuvant de ces eaux contaminées peuvent en mourir. Chez l’homme, les troubles sont de nature et d’intensité variables : irritations de la peau, maux de tête, nausées, gastroentérites aiguës voire atteintes neurologiques. Lorsque l’eau est couverte d’écume ou de mousse, le risque d’intoxication est maximal.

Aussi à Bruxelles

Ce n’est pas la première fois que de telles interdictions sont prises en raison de cyanobactéries. L’été dernier, la baignade avait été prohibée au lac de Bambois, en province de Namur. À Bruxelles - où il est de toute façon interdit de se baigner dans les étangs gérés par l’agence régionale Bruxelles-Environnement- ce phénomène a aussi été repéré dans la Woluwe et des étangs des deux Woluwe il y a quelques jours. Bruxelles-Environnement explique que le développement des cyanobactéries est favorisé par les conditions environnementales (canicule, sécheresse, eaux troubles…) "mais aussi et surtout" par l’eutrophisation des étangs, dont l’enrichissement provient du nourrissage des oiseaux d’eau mais également des poissons avec du pain notamment. "Les petits fragments non consommés, mais aussi les déjections des oiseaux, enrichissent le milieu aquatique ; ce qui favorise la pullulation des cyanobactéries et d’autres micro-organismes pathogènes." Bruxelles Environnement conseille donc de ne pas nourrir les animaux sauvages.

Attention à la mousse

Les températures élevées actuelles étant favorables à la prolifération des cyanobactéries, mieux vaut éviter de se baigner dans des eaux peu profondes et stagnantes surtout si elles présentent un dépôt d’algues abondant ou de la mousse, selon la Région wallonne. Pour éviter tout risque, il est conseillé de se baigner uniquement dans les zones de baignade prévues (et dont les analyses de l’eau sont consultables sur http://environnement.wallonie.be/baignade). À noter que ces algues bleues diffèrent des "algues vertes" connues pour leurs "marées vertes" en Bretagne. Il s’agit là de macro-algues, les ulves, qui dégagent, lors de leur décomposition sur la plage, de l’hydrogène sulfuré toxique. Mais toutes deux résultent de la dégradation de la qualité de l’eau (eutrophisation).