Le record de température pour un 17 décembre tombera-t-il ce mardi ? L’IRM annonce 15 degrés dans le nord-est du pays et en Lorraine belge, et 14°C à Bruxelles. Sachant que la normale saisonnière pour cette journée tourne autour de 6 degrés... Plus précisément, la valeur attendue de 14.0°C à Uccle pour les maxima de demain se situerait environ 8 à 9 degrés au-dessus du maxima moyen pour cette date, qui se situe à 5,5°C.

Pour autant, le record ne devrait pas tomber : il est de 16°C à Uccle. Cette valeur de 2015 avait battu le précédent record de 13.1°C remontant au 17 décembre 1987. "On pourrait donc se situer à la deuxième place depuis la début de la série journalière homogénéisée de température, qui date pour cette station de 1901, ce qui peut effectivement être qualifié d'exceptionnel", note Pascal Mormal, de l'RM.

En effet, “on combine un peu tous les facteurs qui permettent une température élevée”, poursuit son collègue Fabian Debal (IRM). Trois facteurs sont en cause : tout d'abord, une remontée d'air chaud venue du Sud balayera notre pays. Plus précisément,ce flux d’air chaud méridional qui remontera vers la Belgique est en fait coincé et canalisé entre, d'une part, un anticyclone centré sur le sud-est de l’Europe et, d'autre part, un axe dépressionnaire s'étalant des îles britanniques à la péninsule ibérique. Rien d’inquiétant ni inédit, cela dit. Le record de 2015 avait été causé par une configuration analogue."En hiver, il n'y a pratiquement que ce genre de configuration qui peut donner des températures aussi élevées, mais cela n'arrive pas régulièrement", note encore Fabian Debal.

Deuxième facteur contribuant à cette chaleur : il y a du vent, qui permet de brasser l’atmosphère. Ce brassage contribue à maintenir une température élevée au sol car cela limite le refroidissement de la masse d’air chaud lorsqu'elle arrive vers le Nord, ce refroidissement se faisant normalement d’abord au niveau du sol. Enfin, il y aura un certain ensoleillement, même si ce n'est pas le facteur déterminant, puisque le soleil est très bas sur l'horizon : nous sommes en effet presque au solstice d'hiver.

"Il faut toutefois souligner qu'une valeur record journalière ponctuelle ne doit pas être trop vite attribuée au réchauffement climatique, indique encore Pascal Mormal. En revanche, la répétition des records journaliers à la hausse ces dernières années est assez interpellante. Ainsi pour l'année 2019, nous avons déjà battu 16 records journaliers à la hausse pour aucun à la baisse, à la station de référence d'Uccle".