Celyad, une société belge active dans le domaine de la thérapie cellulaire, annonce que la phase 1 de son étude clinique portant sur un traitement des cancers sanguins s'est achevée avec succès. "L'étude atteste l’innocuité de cette approche innovante de traitement par immuno-oncologie. Ce sont des résultats très encourageants", déclare Patrick Jeanmart, le CFO de Celyad. L'entreprise, basée à Mont-Saint-Guibert, a mené des essais cliniques sur quatre groupes de trois patients et elle assure qu'aucun problème de toxicité notable n'a été constaté au cours de la période de suivi de 30 jours.

Cet type d'approche thérapeutique, sur laquelle des chercheurs, dont ceux du groupe Novartis, travaillent depuis 15 ans, consiste à apprendre au système immunitaire des patients cancéreux à se défendre tout seul contre la maladie. "Les cellules cancéreuses se protègent et deviennent indétectables des globules blancs. Elles ne sont donc pas détruites. Grâce à la thérapie cellulaire, on réarme le système immunitaire via la greffe d'une protéine. Les premiers signes de validation de cette approche ouvrent des perspectives pour traiter des cancers sanguins comme la leucémie et le myélome. La promesse de ce type de traitement est énorme", explique Patrick Jeanmart. L'ensemble des résultats des tests de la phase 1 menés par Celyad sera disponible à la mi 2016.

On est toutefois encore loin de voir ce possible traitement révolutionnaire dispensé dans les hôpitaux. Il faudra d'abord passer par la poursuite d'essais cliniques et obtenir, si ces prochains tests sont concluants, l'agrément de l'Agence européenne des médicaments pour une mise sur le marché. Ce processus prendra des années, sans garantie de résultats positifs. A qui le traitement pourrait-il s'adresser et serait-il accessible financièrement au plus grand nombre ? "Ce sera à nous de déterminer si le traitement sera destiné aux patients réfractaires aux traitements classiques anti-cancer ou bien s'il remplacera la chimio et la radiothérapie. Nous ne le voulons pas plus cher que les traitements classiques. Il va de notre responsabilité éthique qu'il soit abordable", précise Patrick Jeanmart.