Lorsque Sarah Al-Amiri n’était qu’une enfant fascinée par l’espace à Abou Dabi, la capitale des Émirats arabes unis, son pays, semblait à des années-lumière d’atteindre les étoiles. À 34 ans, elle est aujourd’hui ministre et chapeaute la "mission Mars" du riche État du Golfe.

Le pays affirme ses ambitions technologiques, en particulier dans le domaine spatial. Il a lancé la sonde "Hope" (espoir, en français) qui doit se mettre en orbite mardi autour de Mars.

Fillette, Sarah Al-Amiri était captivée par les images d’"étoiles, de systèmes solaires, de planètes, autant d’objets qui existent là-bas et que nous ne pouvons pas comprendre". "Mais aussi des moyens par lesquels les scientifiques les explorent, que ce soit les télescopes, les vaisseaux spatiaux ou les images radio", raconte à l’AFP celle qui est devenue ministre d’État aux Technologies avancées et présidente de l’Agence spatiale des Émirats arabes unis.

À l’époque, Abou Dabi et l’émirat voisin de Dubaï n’étaient pas les métropoles modernes hérissées de gratte-ciel qu’elles sont devenues aujourd’hui. Après un développement rapide, le pays riche en pétrole a envoyé son premier astronaute dans l’espace en 2019, et lancé l’année dernière la sonde "Hope" avec pour mission de percer les secrets du temps sur la planète rouge.

Sarah Al-Amiri fut la cheffe adjointe de ce projet, la première mission interplanétaire dans un pays arabe.

Diplômée en ingénierie informatique de l’Université américaine de Charjah, émirat voisin de Dubaï, elle vient au domaine de l’espace lors d’un entretien au Centre spatial Mohamed ben Rached de Dubaï en 2009.

"Je suis tombée dedans par hasard. J’ai postulé, mais c’était juste au cas où il avait besoin d’ingénieurs", dit-elle. Le centre qui avait alors seulement trois ans était encore gardé secret.

Sarah Al-Amiri commence sa nouvelle carrière sur le Sat-1 de Dubaï, le premier satellite d’observation de la Terre des Émirats, puis gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir l’une des actrices clés de la mission sur Mars. Nommée ministre en 2017, elle est devenue en août présidente de l’Agence spatiale du pays. La BBC l’a classée parmi les 100 femmes les plus inspirantes et les plus influentes du monde en 2020.