Le nombre de nouveaux diagnostics du sida a augmenté en 2012, a indiqué mercredi la plate-forme Prévention Sida lors de la présentation du rapport "Epidémiologie du sida et de l'infection au VIH en Belgique" de l'Institut scientifique de Santé publique. Ce rapport fait état de 1.227 nouveaux diagnostics en 2012, contre 1.177 en 2011 et 1.198 cas en 2010. Un léger regain de diagnostics est également constaté ces trois dernières années chez les Belges hétérosexuels.

"Les groupes cibles que sont les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes et les personnes migrantes doivent rester la priorité", affirme la ministre de la Santé de la Fédération Wallonie-Bruxelles Fadila Laanan (PS). Dans le cadre du plan VIH 2014-2019, le nombre de préservatifs gratuits distribués passera d'un à deux millions.

"Nous avons décidé de remettre le focus sur les discriminations des personnes atteintes du sida dans le monde du travail et dans le monde médical", souligne Thierry Martin, directeur de la plate-forme Prévention Sida. En marge de l'annonce sur le lancement d'une campagne contre les discriminations, il ajoute qu'un conseil de personnes séropositives a été créé.

De l'enquête sur les conditions de vie des personnes séropositives en Belgique francophone menée en 2010-2012 par l'Observatoire des sexualités et du sida, il ressort que 13% des 340 personnes interrogées déclarent s'être déjà vu refuser un soin à cause de leur séropositivité et que 58% d'entre elles ont préféré taire leur maladie dans leur milieu professionnel.

Asbl Ex Aequo: "Nous sommes tous séroconcernés"

"Il est plus que temps de voir chacun se remobiliser", réagit mercredi l'asbl Ex Aequo à la publication des chiffres pour 2012 relatifs au sida en Belgique. C'est le pays européen où la prévalence est la plus forte, "ce qui est inacceptable". Au total, 44% des personnes diagnostiquées séropositives en 2012 "sont des hommes ayant eu des rapports avec d'autres hommes" (HSH). Or, c'est le groupe qui a "le plus accès aux messages de prévention", souligne Michael François, porte-parole.

L'asbl met en évidence l'augmentation la plus forte du nombre de cas chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. Elle pointe du doigt "le manque de volonté politique et certains motifs philosophiques ou religieux qui empêchent la mise sur pied de cours obligatoire à l'éducation sexuelle", avec pour conséquence "une méconnaissance incroyable quant aux comportements à risques".

Pour l'association, le médecin généraliste a également un rôle à jouer, celui "d'activer des réflexes automatiques quand il aborde le sujet de la santé sexuelle".

Ex Aequo se réjouit de l'augmentation du nombre de tests de dépistage, qui réduisent les proportions de dépistages tardifs en 2012 (30% chez les HSH et 41% au sein de la population générale). "Plus vite une personne diagnostiquée positive est mise sous traitement, plus son confort de vie sera optimum", rappelle-t-elle.

Depuis 1983, année où les premiers cas de sida sont apparus en Belgique, "environ 2.020 personnes" sont décédées du virus.