Des prototypes plus petits ont déjà volé à quelques centaines de mètres d'altitude pendant moins d'une minute, plusieurs ont explosé, dans une série de tests visant à développer à grande vitesse la prochaine génération de fusées de la société fondée par Elon Musk, également créateur du constructeur de véhicules électriques Tesla.

Après plusieurs reports cette semaine, le vol est prévu mercredi à 16H40 locales (22H40 GMT) et sera retransmis en vidéo en direct sur le compte Twitter @SpaceX.

Le but du test de ce prototype baptisé SN8 (Starship serial number 8) est de tester le comportement aérodynamique de cet immense cylindre de métal propulsé par trois moteurs, et notamment son retour sur Terre et son atterrissage, à la verticale, ce qui est la spécialité de SpaceX avec sa fusée actuelle, la Falcon 9, leader du marché mondial de lancement de satellites privés.

"Avec de tels tests, on ne mesure pas le succès par le nombre d'objectifs spécifiques remplis mais plutôt par ce qu'on apprend", a écrit sur son site la société, en disant implicitement qu'une explosion ou un crash sont toujours un risque mais qu'ils font partie de l'aventure industrielle. La construction du prototype suivant, SN9, est d'ailleurs presque achevée.

Ces tests se produisent dans une zone quasi-déserte louée par SpaceX à Boca Chica, dans le comté de Cameron, à l'extrême sud du Texas près de la frontière du Mexique, au bord du golfe du Mexique -- une zone suffisamment vide pour qu'un accident ou une explosion ne cause pas de dommage ni ne fasse de victimes.

C'est d'ailleurs au Texas qu'Elon Musk a annoncé qu'il déménagerait, depuis la Californie.

La future fusée sera composée du vaisseau habité et d'un premier étage appelé Super Heavy équipé de 37 moteurs au lieu de 9, le tout mesurant 120 mètres de hauteur et capable d'emporter 100 tonnes en orbite autour de la Terre.

Elon Musk imagine lancer un jour plusieurs de ces vaisseaux à la conquête de Mars. Mais dans un premier temps, la fusée, si elle devenait opérationnelle, pourrait s'avérer utile pour des voyages plus proches, notamment pour la Lune, où la Nasa veut rétablir une présence durable à partir de 2024.

Starship est également le véhicule avec lequel le milliardaire japonais Yusaku Maezawa est censé aller faire le tour de la Lune, en théorie en 2023, un voyage au prix confidentiel.