Sciences & Espace

Le film "Une merveilleuse histoire du temps", qui sort ce mercredi, retrace la vie du physicien Stephen Hawking. Ce Britannique a fait avancer la cosmologie, c’est-à-dire l’étude de l’Univers. Malgré la sclérose latérale amyotrophique (SLA) qui l’a presque totalement paralysé.

Il est avant tout un physicien d’exception

Stephen Hawking est né le 8 janvier 1942, soit remarque-t-il avec humour, trois cents ans jour pour jour après la mort de Galilée. Un bon présage pour la destinée d’un scientifique ! Il fait ses études à Cambridge en cosmologie, aux côtés du grand astrophysicien Fred Hoyle. Et c’est alors, âgé d’à peine 20 ans, qu’on diagnostique sa maladie incurable. Il souffre en effet d’une forme rare de sclérose latérale amyotrophique, qui l’a presque totalement paralysé (lire par ailleurs).

Brève histoire du temps

Cela ne l’a pas empêché de produire nombre d’articles scientifiques, de livres, suivre des étudiants faisant leur thèse et, du haut de la chaire qu’il a hérité à Cambridge, celle même qu’occupèrent avant lui Newton et Dirac, de rester à la pointe la plus aiguë de sa discipline. Il devient une star internationale quand il publia en 1985 "Une brève histoire du temps".

Le "phénomène Hawking", qui fait aujourd’hui l’objet d’un film (lire en pages Culture), ne doit en rien occulter le savant Hawking. Il a sans cesse travaillé à réconcilier les deux grandes théories scientifiques du vingtième siècle, la gravitation et la mécanique quantique, pour arriver à une théorie du tout. Dans ce cadre-là, ses théorèmes sur les singularités ont amené la communauté scientifique à étudier sérieusement la question des trous noirs. Il a montré que les trous noirs ne l’étaient pas totalement et pouvaient émettre un rayonnement. Il a été un des pionniers de la thermodynamique des trous noirs et il a apporté des contributions capitales à la cosmologie, qui étudie l’origine et l’évolution de l’Univers.

Théorie du tout

Stephen Hawking dira que "le monde" est un grand vide, dans un espace à neuf ou dix dimensions avec des fluctuations quantiques internes qui peuvent créer "des bulles", un peu comme la vapeur qui se forme dans l’eau qui chauffe. Ces bulles croissent, s’accumulent ou meurent. Notre univers, celui qu’on connaît, serait une de ces bulles. Nous serions entourés de branes, d’univers semblables aux nôtres, comme des bulles qui naissent à foison dans une eau bouillonnante.

Nous lui avions demandé il y a dix ans si nous aurions un jour une théorie du Tout qui parviendra à expliquer notre univers : "Il est très possible que nous parviendrons à trouver une théorie complète de la nature. Mais une telle théorie du Tout ne pourra jamais prédire chaque détail de l’univers, sinon elle est impossible. Et même si nous connaissions la théorie ultime, je m’attends à ce que notre progression vers sans cesse plus de complexité continuera encore. Dans ce cadre, la théorie des cordes est sans doute une bonne étape, mais je ne pense pas que ce soit la réponse finale. Nous avons besoin de quelque chose de radicalement neuf, un nouveau départ à partir du cadre actuel."


La SLA, maladie méconnue portée au grand écran

Longtemps méconnue du grand public, la maladie de Charcot a fait le buzz cet été avec le "Ice Bucket Challenge", où des stars du monde entier, de Bill Gates à Mark Zuckerberg en passant par Justin Timberlake ou Ben Affleck, se renversaient des sceaux d’eau glacée sur la tête pour appeler aux dons pour lutter contre la maladie… Pas moins de 100 millions de dollars ont été récoltés grâce à cette campagne virale sur les réseaux sociaux.

Avant cela, diverses personnalités atteintes de SLA (sclérose latérale amyotrophique) avaient déjà ouvert les yeux sur cette maladie dégénérative étudiée dès les années 1850.

Outre Stephen Hawking, on trouve ainsi le joueur de baseball Lou Gehrig (qui a donné son nom à la maladie aux Etats-Unis), le jazzman Charlie Mingus, l’acteur David Niven ou encore le critique littéraire français Mathieu Gallet.

Film danois au ton juste

Mais c’est au grand écran que la présence de la maladie de Charcot est la plus marquée ces derniers temps. Elle est évidemment au centre du film "Une merveilleuse histoire du temps", pour lequel le jeune comédien britannique Eddie Redmayne vient d’obtenir le Golden Globe (et bientôt l’Oscar ?) pour son incarnation, mimétique, de l’astrophysicien Stephen Hawking, des prémisses de sa maladie, dans les années 60, à aujourd’hui…

On retrouvera en salles, dès la semaine prochaine, un autre film mettant en scène la SLA : "You’re Not You" de George C. Wolfe. Très hollywoodienne, atrocement tire-larmes, cette adaptation d’un récit de Michelle Wildgen met en scène une jeune pianiste dévorée par la maladie, campée par Hilary Swank.

Mais le film le plus juste à propos de la SLA vient du Danemark : "Silent Heart" (qui n’a toujours pas de distributeur en Belgique). En filmant une vieille dame handicapée par la maladie de Charcot qui réunit toute sa famille dans sa maison pour un dernier week-end avant son suicide assisté, Bille August (que l’on croyait définitivement perdu dans un cinéma pompier larmoyant) retrouve toute la vigueur de son cinéma, celle de "Pelle le Conquérant" qui lui avait valu une palme d’or en 1987.