Dans le bouddhisme, tous les êtres humains sont égaux. Bouddha lui-même n’était pas un Dieu, mais seulement un homme. C’est dans cette optique qu’un bouddhiste peut prendre connaissance de son potentiel humain, qu’il ne lui reste plus qu’à réaliser en apprenant deux ou trois choses enseignées lors des cours de bouddhisme dispensés par les différents centres en Belgique.

« On n'est pas obligé de s’inscrire dans des cours organisés en groupe, on peut très bien approfondir la chose de manière individuelle et fréquenter seulement les séances données par les lamas qui viennent visiter le centre. Mais on peut aussi faire des retraites ou arriver à un point où tous les matins on fait une méditation, et tous les soirs avant d’aller dormir » explique Carlo Luyckx, co-fondateur du Centre d’études tibétaines de Saint-Gilles.

Pas nécessaire donc de venir tous les dimanches. Pas nécessaire non plus d’être quelqu’un d’important pour participer. « Ici au centre on a vu toutes sortes de gens, le public est très diversifié. On a vu aussi bien des médecins ou des professeurs d’université que des ingénieurs, que des femmes de ménages, des chômeurs ou des ouvriers, des postiers, des jeunes, des personnes plus âgées, des hommes, des femmes » explique Carlo Luyckx.

Environ 1500 personnes fréquentent ce seul centre situé à Saint-Gilles en Région bruxelloise. Il est même ouvert aux chrétiens ou aux musulmans qui voudraient méditer ou écouter des enseignements. Ils y prennent ce qui leur est utile tout en continuant à pratiquer leur propre religion par ailleurs. Et bien sûr il est ouvert aux athées.

Pour les plus assidus, il existe un programme d’apprentissage en trois ans qui permet d’approfondir sa connaissance de la philosophie bouddhiste ou de s’initier à la pratique de la méditation. Ces deux aspects vont de pair et il est préférable de les pratiquer ensemble.

Mais il ajoute comme s’il voulait en souligner l’importance que « le gros de la pratique se fait dans la vie de tous les jours, dans notre vie professionnelle, familiale, relationnelle. On ne peut pas être bouddhiste seulement en étant assis dans un temple pour méditer et dans la société se comporter comme quelqu’un de jaloux, d’orgueilleux, d’arrogant. Il faut trouver un équilibre, une harmonie en développant dans la vie les pratiques apprises aux séances de méditation. »

« Les gens veulent parfois vraiment transformer leurs émotions perturbatrices qui sont la jalousie, la haine, la colère, l’orgueil, l’ignorance, l’aveuglement intellectuel, la cupidité, le désir égoïste. C’est ce qui crée la souffrance, la perturbation, l’insatisfaction. Par des techniques méditatives traditionnelles on peut transformer ces énergies mal canalisées en énergie positive, en sagesse ».