Sur les traces de Marie Curie en Belgique, 85 ans après sa mort

Claire-Marie Luttun (st.) Publié le - Mis à jour le

Sciences & Espace

Le 4 juillet 1934 décédait Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie, célèbre pour ses découvertes sur la radioactivité. Durant près de 25 ans, la scientifique a entretenu une relation particulière avec notre pays, notamment pendant la Première Guerre mondiale. Retour sur son parcours belge, 85 ans après sa mort.

A une époque où le monde de la recherche scientifique employait surtout les femmes pour assister les hommes, Marie Sklodowska-Curie a su se démarquer. Née en 1867 dans un vieux quartier de Varsovie, la jeune polonaise de parents enseignants a vite développé une passion pour la physique. A 24 ans elle quitte son pays et rejoint la France pour étudier. C'est alors qu'elle rencontre son futur époux, Pierre Curie. Après avoir travaillé ensemble plusieurs années sur la radioactivité, ils reçoivent le prix Nobel de physique, aux côtés d'Henri Becquerel. C'est la première fois qu'une femme reçoit cette distinction. Sept ans plus tard, en 1910, la scientifique est devenue une référence dans son milieu. Elle est conviée au Congrès international de Radiologie de Bruxelles, pour mettre au point une unité universelle de radioactivité avec d'autres chercheurs. Le "curie" est alors créé.

L'année suivante, c'est Ernest Solvay, chimiste et industriel belge, qui l'invite personnellement à son premier Conseil Solvay de physique. Elle sera la seule femme présente aux côtés de dix autres prix Nobel et y rencontrera, entre autres, Albert Einstein. Mais l'aventure belge de Marie Curie ne fait que commencer. Après avoir reçu son second prix Nobel, en chimie cette fois, elle intègre l'Institut international de physique, et reviendra à chacun des Conseils belges jusqu'à sa mort.


Photographie prise lors d'un Conseil Solvay - Marie Curie est la seule femme, en bas à droite.
Photographie prise lors d'un Conseil Solvay - Marie Curie est la seule femme, en bas à droite. © REPORTERS


Marie et ses "petites Curies"

Le début de la Première Guerre mondiale détournera la scientifique de ses recherches. Pour combler le manque de matériel médical, Marie Curie organise un service de radiologie mobile dans le pays qu'elle surnomme "cette brave petite Belgique". Les "petites Curies" sont alors déployées sur les routes. Ces voitures équipées d’appareils de radioscopie viennent en aide aux chirurgiens pour localiser les fragments métalliques dans les corps des blessés. Entre janvier et mars 1915, elle se rend régulièrement à Poperinge, puis à Adinkerque, pour contrôler l'état des véhicules. La construction de l'hôpital d'Hoogstade lui permet de retrouver le roi Albert, rencontré plus tôt lors d'un Conseil Solvay de physique. Au total, elle fera le voyage en Belgique à 11 reprises, accompagnée de sa jeune fille de 17 ans, Irène Curie.


Photographie prise lors d'un autre Conseil Solvay - Irène Curie, en bas à gauche et Marie Curie en bas à droite.
Photographie prise lors d'un autre Conseil Solvay - Irène Curie, en bas à gauche et Marie Curie en bas à droite. © REPORTERS


Après la guerre elle continua son travail, entourée de sa fille, devenue chimiste et physicienne à son tour. Ses recherches en radioactivité auront notamment permis à la Belgique d'ouvrir ses premières usines de radium et d'occuper le marché mondial entre 1920 et 1930. Marie Curie se tournera une fois de plus vers le pays pour se fournir en radium, mais n'en profitera pas longtemps. En 1934, son exposition prolongée aux ondes radioactives lui causera une leucémie, dont elle décède à 66 ans. Sa fille décrochera le prix Nobel de chimie un an plus tard.

Claire-Marie Luttun (st.)

A lire également

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM

Facebook