Fini de grimer les minois des enfants ? En cette période carnavalesque, une association française de consommateurs tire la sonnette d'alarme quant aux produits destinés aux enfants à cette occasion. Les résultats de leur analyse – établie sur dix kits de maquillage pour carnaval et huit coffrets de maquillage pour petites filles – révèlent en effet la présence de nombreux composés aux effets nocifs dans certains maquillages. 

"Pas d'alarmisme", réagit d'emblée Pierre-Dominique Ghislain, dermatologue aux Cliniques Saint Luc. "Il faut bien distinguer le risque allergique et le risque toxique. L'allergie, c'est une intolérance immunitaire que certaines personnes ont par rapport à un produit donné", explique le médecin. Si les réactions peuvent être directes, comme l'eczéma, elles peuvent aussi survenir plus tardivement. "Le produit allergène présent dans une crème peut se retrouver dans d'autres produits. La personne sensible pourra alors développer une nouvelle allergie plus tard." Les personnes sensibles doivent alors se tourner vers des produits hypoallergéniques afin de diminuer tout risque de réaction.

Attention aux peaux sensibles

Les produits peuvent aussi être toxiques. "La toxicité n'est pas personnelle. Elle peut toucher tout le monde. Si vous posez un produit dans certaines zones sensibles, où la peau est plus fine, le produit peut passer dans le sang", explique le dermatologue. Avec un plus grand risque pour la santé: "Une femme enceinte pourrait par exemple mettre en danger son bébé si elle utilise des produits de maquillage présentant un risque de toxicité".

Les maquillages carnavalesques, parce qu'ils couvrent de grandes surfaces et restent longuement sur le visage de l'enfant, doivent à cet égard mériter une précaution particulière : "Il faut éviter de poser le maquillage sur des peaux abîmées ou sèches des enfants, ce qui est parfois le cas en hiver. Il faut également se méfier de la peau très fine qui entoure les yeux".

Le dermatologue rappelle toutefois que les produits sont soumis à des règles belges et européennes. "Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas les contester et les faire évoluer en fonction des expériences", précise-t-il.

L’association française de consommateurs a d'ailleurs, suite à son étude, demandé aux autorités européennes la mise en place d’une réglementation spécifique plus protectrice des jeunes consommateurs. Dans l’attente, elle demande aux fabricants de retirer les substances toxiques des produits destinés aux enfants.