C'est en effet le cas pour ceux ayant un statut social inférieur aux autres, et surtout se percevant comme tels. La journaliste Annie Kahn note que ce phénomène surprenant est en fait lié à leur peur de mal faire et à leur perte de confiance quand ils sont plongés dans "un environnement compétitif qui les inhibe".

L'étude révèle d'ailleurs que les femmes se retrouveraient particulièrement dans ce cas de figure. De son côté l'âge n'aurait en revanche aucune incidence.

"Vous pouvez vous moquer des réunions qui vous semblent débiles. Mais nos travaux suggèrent que ces réunions pourraient bien vous rendre débiles, vous aussi", commente ainsi avec humour Read Montague, directeur du laboratoire d'imagerie cérébrale de Virginia Tech et responsable des recherches.

Pour mener à bien cette étude, des individus de QI équivalents, mais d'une moyenne supérieure à celle de la population américaine, ont été mis en situation de travail en groupe. La façon dont leur cerveau fonctionnait a été suivie par un équipement d'imagerie par résonance magnétique (IRM).

"Les clichés ont confirmé la moindre activation des zones cérébrales nécessaires à la résolution de problèmes chez ceux ayant le sentiment d'avoir un statut social inférieur" explique ainsi Annie Kahn.

Tout cela peut sembler bien élémentaire: une personne qui se retrouve dans un groupe qui l'impressionne (à tort ou à raison) peut avoir tendance à se replier sur lui-même, voire à ne plus être capable de réfléchir.

Mais si cela se vérifie, cette découverte a le mérite de poser de nombreuses questions à l'heure où le travail en groupe est très valorisé:

"En accentuant la concurrence au sein des équipes, ne perdons-nous pas le potentiel d'une grande partie des personnes de talent ?", se demandent les chercheurs en neurosciences.

"Oui et non", répond Annie Kahn. D'un côté les groupes de travail entre semblables en concurrence sont bien contre-productifs. De l'autre, certaines études montrent aussi que "les groupes diversifiés sont au contraire plus performants, la complémentarité des compétences étant source de progrès".