Les étudiants inscrits en première année de médecine ont globalement mieux réussi leur session d'examens de janvier que leurs collègues il y a un an, selon des chiffres livrés vendredi par le collège des doyens des cinq facultés de médecine de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sur les 3.298 étudiants inscrits en 1re BAC de médecine cette année académique, 1.137, soit 35% de la cohorte, ont obtenu une moyenne supérieure ou égale à 10 sur 20, et 661 autres ont réalisé une moyenne entre 8 et 10 sur 20, ce qui est "compatible avec un objectif de réussite de l'année".

"Cela représente au total 56% des étudiants contre 52% l'année passée, ce qui est un bon résultat", jugent les doyens dans un communiqué conjoint.

L'analyse des résultats montre également une réduction des écarts de réussite entre facultés de médecine francophones.

Pour cette session de janvier, ce taux fluctue de 24% à 44% selon les universités, contre une variation de 18% à 53% l'an dernier.

Les doyens pressent toutefois les observateur à ne pas comparer les taux de réussite des universités pour éviter toute "interprétation erronée".

"Ni les programmes, ni les approches pédagogiques, ni les populations d'étudiants, ni les stratégies des universités ne sont identiques. Cela s'est d'ailleurs très bien illustré l'année passée par des écarts entre universités bien moindres lors de la clôture de l'année qu'après les examens dispensatoires de janvier", insistent les doyens.

Selon eux, faire ce genre de comparaison a pour effet pervers de mettre les universités sous pression pour "produire les +meilleurs chiffres+ puisque le financement est actuellement en enveloppe fermée et attribué au nombre d'étudiants, ce qui comporte un véritable risque de diminution des exigences et donc de qualité, particulièrement inacceptable dans le domaine de la santé".

Les études de médecine ont été réorganisées par un nouveau décret en 2012, qui ramène notamment la durée du cursus universitaire de médecine à six ans, contre sept auparavant, mais avec la possibilité pour les étudiants en grande difficulté après leur première session de janvier d'étaler leur première année d'étude sur deux ans.

Selon les doyens, cette mesure se révèle utile pour stimuler la réussite.

Ainsi, sur les 973 étudiants qui ont étalé l'année passée, 260, soit 27%, ont réussi l'été passé la première partie de leur étalement. Sans cela, ils n'auraient été que 3% à réussir. Et lors de cette session de janvier 2014, 200 étudiants en étalement (77 %) ont réussi la suite de leur programme avec une moyenne au-dessus de 10 sur 20.

Pour les doyens, l'analyse de ces résultats montre que la réforme de 2012 "semble en passe d'être digérée par les universités ainsi que les étudiants.

Cette session de janvier fut également la première organisée depuis l'entrée en vigueur, l'été dernier, d'un test préalable d'évaluation obligatoire mais non-contraignant afin de permettre aux jeunes souhaitant entamer des études de médecine de mieux jauger préalablement leurs connaissances scientifiques.

Dans un communiqué, le comité inter-universitaire des étudiants en médecine (CIUM) s'est toutefois montré vendredi moins enthousiaste que les doyens face aux résultats de janvier.

L'organisation constate une "très légère progression" du taux de réussite en janvier en 1er BAC, alors que la réforme de 2012 avait été présentée comme un moyen "d'améliorer significativement la réussite universitaire dans les facultés de médecine", rappelle-t-elle.

Celle-ci dénonce dans la foulée "l'absence ou la trop légère réduction" des cours de sciences fondamentales composant le premier quadrimestre en 1re BAC, ainsi que le mode de financement de l'enseignement supérieur régi depuis des années par le principe de l'enveloppe fermée, lequel ne permet plus de "répondre aux exigences de la formation de futurs médecins", selon le CIUM.