Une fusée russe Soyouz a décollé mardi de Kourou, avec le satellite français d’observation CSO-2 (Composante spatiale optique), un engin qui permettra à cinq pays européens - dont la Belgique, qui y a consacré une centaine de millions d’euros - de disposer d’images de très haute résolution au cours des dix prochaines années. La fusée a décollé à l’heure prévue, soit 17h42 HB, du centre spatial guyanais (CSG) pour placer en orbite ce satellite espion, deuxième d’une famille de trois qui doit remplacer les actuels Helios 2A et 2B, déjà issus d’une coopération multilatérale.

Ce lancement VS25, initialement prévu lundi, avec huit mois de retard sur le calendrier de départ en raison de la pandémie de Covid-19, avait été reporté de 24 h en raison des mauvaises conditions météorologiques qui régnaient en Guyane. Depuis son orbite polaire à 480 km, CSO-2 aura une mission dite d’identification permettant d’atteindre le plus haut niveau de résolution, de qualité d’image et de précision d’analyse. Les deux autres satellites - CSO-1 lancé en décembre 2018 et CSO-3 à lancer fin 2021 - seront placés en orbite plus haute (800 km) pour une mission dite de reconnaissance.

Ils appartiennent au programme MUSIS (Multinational Space-based Imaging System) auquel participent l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et l’Italie. La Suisse est sur le point de rejoindre cette communauté d’utilisateurs. La Belgique a investi une centaine de millions d’euros dans ce programme, partagés entre la Politique scientifique (Belspo) et le ministère de la Défense.

Construit par Airbus Defense and Space France, avec une participation de la société belge Sonaca, avec un instrument optique fourni par Thales Alenia Space, il représente avec CSO-1 "un vrai saut générationnel", a expliqué le chef du projet CSO au Cnes, Paul Arberet, à l’AFP.

En Belgique, les images hautement classifiées sont reçues par le centre satellitaire de l’armée belge installé à Evere. (Belga)