Des chercheurs américains ont réussi à produire des embryons à un stade précoce avec les gènes de trois "parents", un père et deux "mères", une technique qui pourrait être utilisée pour prévenir la transmission de maladies héréditaires graves, rapporte la revue Nature.

Les chercheurs dirigés par Shoukhrat Mitalipov de l'Université Oregon Health and Science ont effectué des manipulations sur des ovocytes (ovules) prélevés sur des femmes volontaires ayant pour but de remplacer l'ADN mitochondrial par celui d'une "donneuse", avant de les fertiliser, via la fécondation in vitro.

Cette manipulation controversée vise à éliminer le risque de maladies mitochondriales graves héritées génétiquement de la mère, et qui se traduisent notamment par des troubles musculaires, des malformations cardiaques ou cérébrales, des problèmes oculaires et du diabète.

Les maladies mitochondriales - contre lesquelles il n'existe pas de traitement actuellement - touchent environ une naissance sur 5.000 à 10.000 selon les pays.

Les mitochondries sont de minuscules structures qui transforment les graisses et les sucres en énergie au sein de la cellule. Elles ne contiennent que 0,1% de l'ensemble du code de l'ADN et sont distinctes du noyau de la cellule qui contient le reste.

Les expériences ont été réalisées par les chercheurs américains sur 65 ovocytes humains tandis que 33 autres ont servi de groupe témoin.