En Belgique, le nitrate d’ammonium, un engrais, et l’ammoniac anhydre, utilisé pour le produire sont tous deux classifiés comme substances dangereuses. Ils font donc l’objet d’une surveillance pour éviter tout risque d’accident. Les sites d’entreprises qui en détiennent une certaine quantité (souvent plusieurs tonnes au moins) font l’objet de contrôles. Elles sont qualifiées d’entreprises Seveso, et sont inspectées dans ce cadre par la Division des contrôles chimiques du SPF Emploi. En outre, depuis Toulouse, le nitrate d’ammonium fait l’objet de procédure particulière. Les services belges d’inspection Seveso assurent donc des inspections systématiques des entreprises possédant cette substance, quel que soit le stockage. Ces services disposent d’une check-list (connue des entreprises elles-mêmes), qui vérifient de nombreux points comme la présence éventuelle de source de chaleur, la distance avec les habitations, le contact avec d’autres produits " On inspecte des points techniques, mais aussi le management de sécurité : la formation du personnel, par exemple, indique Isabelle Rase, directeur inspection francophone. En Belgique, trois entreprises produisent des engrais : Rosier à Moustier, Yara à Attert et BASF à Anvers. Celles-ci stockent donc nitrate d’ammonium et ammoniac en grande quantité. Huit entreprises produisent aussi des explosifs et utilisent dans ce but du nitrate d’ammonium. L’usage de l’ammoniac est lui bien plus large. "Nous ne contrôlons pas les agriculteurs, qui eux aussi stockent des nitrates d’ammonium. Les quantités sont insuffisantes pour créer un risque, et les types de nitrates qu’ils utilisent, ne sont, en résumé, pas explosifs." Les sociétés contrôlées respectent la loi. Aucune jusqu’ici n’a dû être fermée pour "infraction". "Nous agissons aussi de manière préventive. Nous visitons les entreprises et concevons un plan d’action, et nous vérifions s’il est appliqué. Il y a un accompagnement."