Cet "océan" est un ensemble virtuel de gouttes d'eau contenues dans des milliers de roches bleues nommées ringwoodites, à moins de 700km de profondeur. "C'est une couche de roche avec de l'eau le long des arêtes entre les grains, un peu comme si elles transpiraient", détaille Steven Jacobsen, auteur de l'étude. Ce volume d'eau équivaut pourtant au triple de celui des océans terrestres.

Grâce à la découverte de cet énorme réservoir, les scientifiques espèrent en apprendre plus sur l'origine de l'eau sur Terre. Si certains géologues estiment que l'eau est apparue suite à l'impact de comètes, la découverte de cet "océan" sous-terrain, prisonnier de minéraux, aurait tendance à prouver que l'eau aurait plutôt suinté de l'intérieur même de la Terre, peut-on lire sur MaxiSciences. Pour Steven Jacobsen, c'est une évidence. Mais le scientifique de la Northwestern University va plus loin. Il affirme que toute cette eau "cachée" servirait de tampon pour les océans, ce qui expliquerait pourquoi leur taille n'a pratiquement pas changé depuis des siècles.

La ringwoodite

Crédit : Wikipédia

Pour détecter ce nouvel "océan", l'équipe de chercheurs a utilisé 2.000 sismographes. Ils ont étudié les ondes sismiques générées par les tremblements de terre. "Après un séisme, les ondes font sonner la Terre comme une cloche pendant plusieurs jours", explique Steven Jacobsen. En analysant ces ondes de plus près, les scientifiques ont ainsi pu déterminer ce qu'elles traversaient. En l'occurence, des ringwoodites composées d'eau situées entre le manteau supérieur et le manteau inférieur de la Terre. A cette profondeur, la température et la pression sont assez élevées pour extraire l'eau des roches. Les chercheurs continuent donc leurs expérimentations afin d'en apprendre plus sur le cycle de l'eau sur Terre.