Une délégation a remis une lettre signée par 268 organisations à l'ambassade d'Equateur de Bruxelles pour dénoncer les pratiques du géant pétrolier Chevron dans ce pays d'Amérique du Sud et apporter son soutien aux populations locales. 

Cette lettre devait être remise simultanément à une dizaine d'ambassades à travers le monde ce mardi. La délégation, composée de six membres, rassemblait des représentants de l'association FIAN, du comité pour le respect des droits humains 'Daniel Gillard', de l'ONG Entraide et Fraternité et du comité belge de solidarité avec l'Equateur face à Chevron-Texaco.

Un collaborateur de l'ambassade a réceptionné la lettre.

"C'est une multinationale qui fait des dégâts environnementaux énormes de par ses pratiques d'extraction pétrolières", avance Tatiana Gossuin, membre du comité pour le respect des droits humains Daniel Gillard et du comité belge de solidarité avec l'Equateur face à Chevron-Texaco. "Comme on consomme tous du pétrole dans notre vie quotidienne, la moindre des choses que l'on puisse faire est de leur témoigner notre soutien. L'eau, c'est le sang de la Terre. Avec toutes ces pratiques d'extraction sales, on est en train de la salir", poursuit-elle.

Après 15 ans de litiges en Équateur, les quelque 30.000 indigènes représentés dans l'UDAPT (Union des communautés affectées par Texaco-Chevron) ont gagné en 2011 leur procès contre le géant pétrolier Chevron, condamné à verser 9,5 milliards de dollars de dédommagement pour pollution en Amazonie.

Refusant de payer, l'entreprise a recouru au système de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS). Un tribunal d'arbitrage de La Haye a ainsi annulé le jugement de la justice équatorienne et condamné l'État équatorien à verser une compensation financière à Chevron et à déclarer nulle et non avenue la sentence en faveur des communautés affectées.

Selon les plus de 260 associations signataires de la lettre remise mardi aux ambassades, cela créerait un précédent international qui placerait un tel tribunal arbitral au-dessus des cours nationales. Elles appellent à rejeter la décision arbitrale en faveur de Chevron. Elles dénoncent ce système ISDS permettant aux investisseurs étrangers de poursuivre en justice les pays dont les politiques interfèrent avec la réalisation de leurs bénéfices et plaident pour l'établissement d'un instrument juridiquement contraignant pour les sociétés transnationales.