Notre système solaire contiendrait une neuvième planète. Des chercheurs américains ont annoncé ce mercredi en avoir la preuve indirecte. D'une masse de dix fois la terre, elle se trouverait aux confins du système solaire.

Seules deux vraies planètes ont été découvertes depuis l’Antiquité", explique l’astronome américain Mike Brown dans le communiqué publié mercredi par l’Institut californien de technologie. "En voilà désormais une troisième, une pièce substantielle de notre système solaire qui attend là-haut d’être trouvée."

Avec son collègue Konstantin Batygin, M. Brown serait en effet en mesure de prouver depuis hier soir l’existence d’une neuvième planète dans notre système solaire. Une gigantesque planète glacée baptisée à juste titre "Planet Nine", dotée d’une masse dix fois supérieure à celle de la Terre, d’un diamètre deux à quatre fois plus large, et d’une orbite vingt fois plus éloignée du Soleil que celle de Neptune.

Pas une planète naine

Les deux astronomes n’ont pas directement pu observer cette nouvelle planète. Ils ont déduit son existence de l’application de modèles mathématiques et de simulations par ordinateur. "Planet Nine est suffisamment large pour écarter les doutes sur le fait qu’il s’agit bien d’une ‘vraie planète’ et non d’une ‘planète naine’", explique Mike Brown. "Elle domine gravitationnellement son environnement et couvre une zone plus grande que celle de toute autre planète connue dans notre système solaire."

Batygin et Brown - qui décrivent leur travail en détail dans la revue "Astronomical Journal" - estiment que ce nouveau corps céleste permet désormais d’expliquer un certain nombre de caractéristiques restées jusqu’ici mystérieuses du champ d’objets glacés et de débris situé au-delà de Neptune, mieux connu sous le nom de "Ceinture de Kuiper". "Nous étions initialement sceptiques quant à l’existence de cette planète", expliquent les deux astronomes "mais nous avons poursuivi nos recherches sur son orbite et l’impact de celle-ci sur les confins du système solaire".

Six aiguilles d’une même horloge

Les prémices de cette découverte remontent à 2014, lorsqu’un ancien étudiant de Mike Brown - Chad Trujillo - publie une étude dans laquelle il constate que 13 des objets les plus éloignés de la "Ceinture de Kuiper" ont une orbite similaire. Similitude que M. Trujillo explique par la possible présence d’une petite planète. Cette hypothèse est jugée "peu probable" par Mike Brown et Konstantin Batygin qui décident de mener leurs propres recherches et constatent que six de ces objets suivent tous des orbites elliptiques qui pointent dans la même direction. Observation "surprenante" pour les deux chercheurs qui constatent que les points les plus reculés de ces orbites tournent autour du système solaire et se déplacent à des vitesses différentes.

"Un peu comme si les aiguilles d’une horloge bougeaient toutes à une vitesse différente, mais se retrouvaient systématiquement au même endroit lorsqu’on les regarde", explique M. Brown. "Les chances pour que cela arrive sont peut-être d’une sur cent. Nous avons ensuite constaté qu’en plus, les orbites de ces six objets pointaient toutes dans la même direction, un rapprochement qui n’a que 0,007 pour cent de chances de se produire. Impossible… A moins que quelque chose d’autre ne soit présent." Quelque chose comme une planète massive dont l’intégration dans le modèle mathématique des deux chercheurs permet d’expliquer cette anomalie. Valentin Dauchot