Hippocampe pour oublier le handicap

Sophie Devillers

La natation ou la plongée sous-marine sont aussi accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR). C'est ce que veut démontrer la piscine communale de Waterloo dans le cadre de la fête du nautisme, qui a pour objectif de promouvoir l'ensemble des activités nautiques auprès du grand public.

A la piscine communale de Waterloo, ce week-end festif des 13 et 14 mai sera axé sur l'accessibilité des personnes handicapées aux sports aquatiques. Pendant les deux jours, la visite sera gratuite pour les personnes à mobilité réduite et les participants pourront tester le fauteuil de la piscine destiné aux PMR facilitant leur entrée dans l'eau.

Après avoir adapté ses infrastructures, Nausicaa a, en effet, été la première piscine belge à s'équiper du fauteuil Hippocampe, qui permet aux personnes handicapées de se déplacer en toute autonomie. A leur arrivée dans la cabine adaptée, les utilisateurs peuvent échanger leur fauteuil roulant habituel contre l'Hippocampe, évitant ainsi les problèmes d'hygiène. «Auparavant, nous devions trouver des systèmes D: désinfecter les roues de la voiturette ou les protéger», explique Michel Bettendorf, échevin des Sports à Waterloo, qui a fait l'acquisition du fauteuil il y a un an. L'Hippocampe permet donc de circuler dans les couloirs de la piscine et de se rendre seul sous la douche. L'occupant de ce fauteuil bas, qui flotte dans l'eau, peut donc descendre par la pente d'accès du bassin, si elle existe, pour ensuite se hisser hors du fauteuil, ou l'immobiliser et se laisser glisser dans le bassin. «Cela a changé des choses pour moi, explique Caroline Spilliaert, utilisatrice à la piscine Nausicaa et paraplégique. J'adore la natation, mais je n'y allais pas, car j'avais besoin de quelqu'un pour m'aider. Maintenant, je peux le faire toute seule.»

Pour les personnes paralysées partiellement, la natation permet d'utiliser les capacités motrices sans sentir le poids du corps. Quant aux personnes lourdement handicapées, elles y trouvent un effet relaxant. «L'offre sportive pour les personnes handicapées est encore extrêmement réduite, car on oublie souvent cet aspect prévention et bien-être», affirme Myriam Tamagni, directrice de Tamarico, la société waterlootoise distributrice de l'Hippocampe. Actuellement, l'expérience de Nausicaa reste unique en Brabant wallon, même si la société est en discussion avec d'autres communes. Car le fauteuil revient à 2 750 euros. «Cher pour les particuliers, mais accessible pour les communes», affirme Myriam Tamagni. «Le prix reste raisonnable, car s'il avait fallu, par exemple, construire une rampe pour rendre la piscine accessible, cela aurait coûté beaucoup plus cher...», souligne Michel Bettendorf. Inventé par un Français kayakiste de haut niveau et lui-même handicapé, l'Hippocampe, dont il existe un modèle tout-terrain, peut aussi faciliter aux PMR la plongée sous-marine, l'accès à la mer et à la plage, au lieu de pêches, ou même aux bateaux. Le fauteuil pourra d'ailleurs également être testé au Yacht Club du lac de Genval, ce week-end de 10 à 18 heures.

Web http://www.fetedunautisme.be

© La Libre Belgique 2006