Quand l’UCL calcule intensivement

Un million trois cent vingt-cinq milleeuros, c’est le montant de l’investissement réalisé à l’UCL, pour le CISM, l’Institut du calcul intensif et de stockage de masse, basé rue du Compas à LLN.

Quand l’UCL calcule intensivement
©EPA
Sophie Devillers

Un million trois cent vingt-cinq milleeuros, c’est le montant de l’investissement réalisé à l’UCL, pour le CISM, l’Institut du calcul intensif et de stockage de masse, basé rue du Compas à LLN. La toute nouvelle salle du CISM, qui vient d’être inaugurée, abrite des "racks" eux aussi neufs, soit une quinzaine d’armoires techniques de deux mètres de haut et d’environ un mètre de large. Dedans, un matériel (presque) standard, semblable à celui qu’on peut trouver dans n’importe quel serveur d’institutions publiques ou privées. Cependant, les composants ont tout de même été sélectionnés pour être les plus performants, les plus rapides et adaptés à des applications particulières. Le CISM possède la plus grosse puissance de calcul d’une université en Communauté française. "Le calcul intensif couvre des domaines très variés, explique Fabrice Charlier, informaticien à l’UCL, qui s’occupe de ces machines et de la formation à leur utilisation. Il s’agit de simuler, d’exprimer un phénomène physique par la voie des mathématiques."

Des physiciens, des chimistes ou des médecins de l’UCL font appel aux machines du CISM. La faculté de médecine y analyse aussi des clichés d’imagerie médicale pour détecter des souches cancéreuses. "Les climatologues peuvent aussi simuler un modèle qui définit l’état de la couche d’ozone. Ils examinent comment cela va évoluer avec les mêmes émissions de CO2. Ils peuvent aussi changer un paramètre, par exemple en réduisant les émissions de moitié. Je pense aussi à l’écoulement des fluides sur les ailes des avions. Dans ces simulations, on étudie les turbulences, on voit à quelles contraintes sont soumises les ailes. Ce type de job (tâche de calcul) peut monopoliser des machines pendant plusieurs semaines. Mais des jobs peuvent aussi durer une heure"

Impact écologique

Mais l’UCL, dans cette salle, réalise aussi des missions pour le célèbre Cern de Genève, premier centre mondial de recherche en physique des particules, et son fameux LHC (grand collisionneur de hadrons). Parmi les missions: "F aire des simulations de ce qui se passe dans le détecteur de particules pour préparer l’expérience ou également analyser les données produites par l’expérience (NdlR: le redémarrage du LHC, après une panne, est prévu en 2009) , précise Fabrice Charlier. Le Cern a ainsi demandé à une soixantaine de centres dans le monde de collaborer à ses recherches. Le CISM dispose aussi d’une capacité de stockage de plusieurs dizaines de térabytes (un térabyte est égal à mille gigas). "Le stockage de masse est lié au calcul intensif, puisque ces simulations numériques produisent des données. Il faut les stocker quelque part et qu’elles soient accessibles dans plusieurs années. Pour le LHC, nous avons d’ailleurs une mission de stockage des données." Tout cela demande de l’énergie. Ainsi, les machines utilisées pour le calcul intensif demandent, du fait de l’évolution technologique, une quantité non négligeable d’électricité. Mais l’UCL essaie de limiter l’impact écologique. "Auparavant, ces machines étaient refroidies avec une climatisation standard, par air. Mais ces machines dégagent de plus en plus de chaleur, car elles sont de plus en plus puissantes, pour faire des choses de plus en plus complexes. Mais il faut faire sortir la chaleur de la salle, car s’il fait plus de 20°, les machines ne fonctionnent plus. Pour le refroidissement, on utilise un nouveau système par eau."

L’air chaud aboutit donc dans des radiateurs où circule l’eau refroidie par des groupes frigo. Et si la température extérieure est adéquate, l’eau peut aussi être refroidie avec l’air ambiant, ce qui entraîne un gain énergétique de 10 pc.