Site universitaire "2.0" pour "génération Y"

Ecouteurs pendant dans le cou, baladeur MP3 à la main et ordinateur sur les genoux, tels apparaissent les étudiants fréquentant les auditoires de Louvain-la-Neuve. Du moins aux yeux des professeurs de l’Université catholique de Louvain. Et celle-ci souhaite s’y adapter. Tout d’abord dans les aménagements matériels. Actuellement, 1300 PC se répartissent dans les salles dites didactiques ou les bibliothèques, sur les deux sites universitaires. Et en 5 ou 6 ans, l’accessibilité a changé, aux dires des autorités académiques.

Sophie Devillers

Ecouteurs pendant dans le cou, baladeur MP3 à la main et ordinateur sur les genoux, tels apparaissent les étudiants fréquentant les auditoires de Louvain-la-Neuve. Du moins aux yeux des professeurs de l’Université catholique de Louvain. Et celle-ci souhaite s’y adapter. Tout d’abord dans les aménagements matériels. Actuellement, 1300 PC se répartissent dans les salles dites didactiques ou les bibliothèques, sur les deux sites universitaires. Et en 5 ou 6 ans, l’accessibilité a changé, aux dires des autorités académiques.

"Le parc informatique est de plus en plus ouvert ou accessible, affirme Vincent Wertz, pro-recteur à l’enseignement. Les salles sont de plus en plus souvent ouvertes, avec les cartes d’accès étudiant. Toutes les salles ne sont peut-être pas encore accessibles 24 h sur 24, mais c’est ce vers quoi on tend. Les étudiants peuvent avoir accès à n’importe quelle salle. Un étudiant de sciences humaines peut aller dans la salle de sciences exactes. Et un étudiant bruxellois en sciences humaines, par exemple peut aussi aller travailler à Woluwé ! En outre, comme beaucoup d’étudiants ont maintenant leur propre ordinateur, on travaille aussi l’accessibilité interne. Dans les kots étudiants, dans les halls d’auditoires, dans les bibliothèques, il y a des bornes wi-fi. On favorise ce qui permet la connectivité." S’il y a quelques années, il fallait souvent faire la file pour obtenir un ordinateur dans les "salles info", la situation a changé, selon les autorités académiques. "On a multiplié les salles, et les étudiants sont aussi eux-mêmes plus équipés, et l’accès wi-fi est très facile." Le vice-recteur aux affaires étudiantes Xavier Renders remarque qu’il y a quelques années, il recevait pas mal de lettres de plaintes sur le manque d’accessibilité. Il n’en reçoit plus aucune. Les enseignants remarquent aussi que de plus en plus d’étudiants utilisent leur ordinateur portable pendant les cours. Si pour l’instant c’est autorisé, cela ne sera peut-être plus le cas à l’avenir. Car certains profs se demandent parfois ce que font réellement les étudiants avec leurs ordinateurs durant leur cours !

Les nouvelles technologies sont aussi misent à profit au sein même de l’enseignement, destiné à cette "génération Y", qui nous vient de l’efflorescence des "digital natives", eux-mêmes nés avec les technologies et déjà dans la vie professionnelle, comme le rappelle Marcel Lebrun, de la Faculté de psychologie. "Nous voulons rester très ouvert aux modes de communication communs chez les jeunes aujourd’hui, complète Vincent Wertz. L’étudiant de 18 ans qui rentre dans l’auditoire avec pratiquement les écouteurs dans les oreilles et le baladeur à la main, c’est la génération que l’on accueille tous les jours. Il faut s’adresser à eux d’une certaine manière. Notamment à travers le podcast. Il s’agit d’une séquence à télécharger et à visionner sur un baladeur, un PC." Cette opération de généralisation du podcast est lancée depuis une semaine à l’UCL. Mais elle a été précédée de plusieurs expériences dans certaines facultés. Il a déjà été utilisé pour montrer des exercices de sport dans les études d’éducation physique ou encore en philo et lettres, pour le français langues étrangères. "Il s’agit de visionner des séquences appropriées. On ne va pas tout faire par podcast. Regarder des cours de 2 heures par podcast plutôt que d’aller à l’auditoire, ce n’est pas le modèle dans lequel on peut s’inscrire. Auparavant, il y avait déjà des séquences vidéo dans un cours, par exemple, mais il n’y avait pas moyen d’y revenir. Maintenant, si". Pour M. Wertz, le podcast n’est pas là non plus, pour, par exemple, résoudre les conflits horaires entre options. Il se voit mal se faire filmer pendant deux heures de cours, mais pourrait le faire pour un point d’explication ponctuel sur un sujet compliqué et que les élèves pourraient ensuite revoir à leur guise. Le podcast se veut donc destiné à des compléments de cours et non à vider les auditoires... Pour Marcel Lebrun, le podcast ne va pas faire disparaître les cours. "Au MIT, à Stanford, ils ont des heures et des heures de films. Ça empêche les interactions dans une salle de cours avec un prof... Si l’enseignant fait juste un discours, à ce moment la vidéo vaut tout aussi bien ! Mais si les cours développent des échanges, proposent des cas particuliers, des infos réelles, les étudiants vont venir au cours, même s’il y a des parties de la transmission diffusées sur podcast !"

Les podcast sont utilisés aussi pour des formations en ligne. L’UCL propose en effet un certificat universitaire en relations internationales en ligne, qui peut être suivi entièrement à distance, grâce à une plate-forme de cours en ligne. Les supports ? Podcast, Powerpoint avec commentaires audio, vidéos, échanges via Skype... D’autres innovations ont été réalisées ces dernières années dans les nouvelles technologies: le mind map, qui permet d’organiser ses idées de manière virtuelle, l’e-portfolio, un "book" qui permet de conserver les documents qui prouvent les diverses activités de l’étudiant... L’UCL dispose aussi d’un logiciel anti-plagiat. Elle veut cependant rester attentive à la fracture numérique et à la minorité des étudiants qui ont des difficultés d’accès aux nouvelles technologies. "Il faut garder en tête que certains étudiants n’ y ont pas accès. Il faut donc maintenir des infrastructures accessibles, et les facilités d’obtenir d’autres supports..."