Le "puzzle" de Mme Désirant

Les arbustes, plantés dans le parc qui s’étale devant la façade principale de l’Institut de la Vallée-Bailly, ont été soigneusement taillés, tandis que l’asphalte de la route a été refait pendant les vacances.

Le "puzzle" de Mme Désirant
© Christophe Bortels
Sophie Devillers

Rencontre

Les arbustes, plantés dans le parc qui s’étale devant la façade principale de l’Institut de la Vallée-Bailly, ont été soigneusement taillés, tandis que l’asphalte de la route a été refait pendant les vacances. Les murs du couloir du premier étage, eux, viennent d’être repeints en rouge. Le tout, histoire "d’embellir l’école", qui a 75 ans. Dans le couloir de l’établissement scolaire secondaire de Braine-l’Alleud, un groupe de nouveaux professeurs, guidés par un plus ancien, commencent à se familiariser avec les lieux. La directrice, Mme Désirant, va, elle, d’un étage à l’autre, réglant ici un détail avec un membre du secrétariat, ou se faisant happer par sa collègue : "Dans quels locaux peuvent avoir lieu les oraux ?" "On va en trouver. On verra cela cet après-midi", apaise Anne-Françoise Désirant, qui explique : "Il faut arriver à ce que tout ce que vous organisez puisse fonctionner en même temps : les horaires, les examens de passage... Ça c’est vraiment le rôle organisationnel du directeur !"

Ce mercredi 1er septembre, c’est la rentrée officielle à la Vallée-Bailly. Du moins, celle des profs. Car celle de la directrice - qui a aussi fréquenté l’école comme enseignante et comme élève - a eu lieu... le 17 août. Mais ce mercredi est tout de même un passage important pour Mme Désirant, qui devra présenter les priorités de l’école lors de l’assemblée générale, devant les professeurs. Et, ce mardi après-midi, il faut encore régler les derniers détails administratifs concernant les profs, traquer les oublis dans les horaires, ou préparer les dossiers pour les enseignants "afin qu’ils aient un maximum d’infos" sur les élèves. Reste aussi à compter les élèves qui seront présent lors de cette année scolaire. "C’est comme un puzzle, pour moi !"

Mme Désirant prend en charge l’organisation générale et la gestion administratif, - son rôle "est d’arriver à pouvoir insuffler un maximum de moyens pour réaliser le projet pédagogique" - tandis qu’une autre directrice, Mme Agneessens, gère le pédagogique. Chacune s’occupe à la fois de l’enseignement général et de l’enseignement technique. "Le but, c’est vraiment de montrer, que dans notre projet pédagogique, il n’y a pas de séparation entre les deux... Mais cela ne fait pas moins de travail", sourit-elle. De manière générale, la directrice a d’ailleurs l’impression que, dans son travail, la "lasagne" comporte de plus en plus de "couches", que les choses sont de plus en plus cadenassés. "Il y a de plus en plus de règles, de verrous... Même si parfois les couches en plus sont très agréables. " Ainsi, elle est ravie de recevoir des "heures" en plus, mais pourquoi fin août ? "Lorsque la maison est construite, on me dit que je peux ajouter une pièce en plus !" Sans parler du décret inscriptions venu compliquer la rentrée, et pour lequel la directrice évalue le surplus de travail à 20 %. L’école est complète, avec une vingtaine d'élèves en attente. Le décret, "c ’est un élément en plus de tous les éléments habituels. C’est de l’énergie en plus et ça rajoute une incertitude. On n’est pas totalement maître du jeu... (NdlR : c’est la Ciri - voir ci-contre - qui gère les préférences des élèves) . Il faut gérer le stress des parents en plus, la Ciri qui rajoute des élèves en plus... Il y a aussi du stress sur le secrétariat, car chaque année, c’est un nouveau système!" La directrice évoque aussi cette petite fille qui a pleuré devant elle, quand elle lui a annoncé que l’école ne pouvait pas l’accepter. "Mais on ne sait rien faire...", constate-t-elle. Et à ceux qui sont sur liste d’attente, elle ne peut que dire "attendez". "Nous, avant, on fonctionnait par ordre d’arrivée. On prenait les inscriptions en février, il y avait parfois une petite file avant l’heure dite. Et parfois une toute petite liste d’attente, mais ça se régulait, il n’y avait pas de soucis. Tout se faisait dans la transparence, les gens pouvaient venir voir les registres. Et puis la première fois, avec le décret Arena, il y a un parent qui s’est mis devant l’école à 15 heures, il y a eu le téléphone sans fil, et d’autres parents s’y sont mis..." La directrice ne s’explique pas cette nouvelle affluence ; auparavant, elle n’était ni à la recherche d’élèves, ni débordée de demandes. Pour elle, la raison est sans doute multifactorielle. Mais elle n’est en tous cas pas sûre qu’il faudrait une école en plus dans la région. Car elle rappelle qu’il y a des écoles qui sont incomplètes et estime que l’on a mis "un palmarès d’écoles dans la tête des gens. Car si, en Brabant wallon, il y a beaucoup d’école complètes, il y a aussi beaucoup d’écoles incomplètes. Et c’est là que l’équilibre est mis à mal. Avant il y avait un équilibre qui fonctionnait entre les écoles. Il faudrait que l’on mette l’énergie à ce que toutes les écoles aient la même aura. Pour moi, chaque école a son projet pédagogique... Chaque école a sa couleur." Et c’est d'ailleurs à ce niveau qu’elle voit le point positif de ce décret-ci : "Je sais que tous les gens qui sont dans l’école l’ont choisie pour son projet pédagogique."

Reste que cette année, elle devra faire passer ses classes à 25 élèves, comme la Ciri l’a décidé : "On pourrait penser qu’une table et une chaise en plus, ce n’est pas grand-chose, mais ils vivent quasiment 32 heures dans ce local. Et même si l’école paraît étendue, et qu’il y a le parc, au niveau des locaux, c’est vraiment très dur." D’autant, précise-t-elle, que l’école a été transformée au moment du Rénové, qui demandait de plus petites classes, et que les transformations ont été réalisées en fonction de cet objectif... "Et ici, tout est utilisé, même les caves : elles sont très bien aménagées !", assure-t-elle.