La rénovation de St-Servais a débuté à Schaerbeek

L’église est appelée à retrouver sa splendeur d’antan d’ici un an et demi.

Christian Laporte
La rénovation de St-Servais a débuté à Schaerbeek

L’église est appelée à retrouver sa splendeur d’antan d’ici un an et demi.

Cette fois, c’est parti ! Les travaux de rénovation de l’église Saint-Servais ont commencé à Schaerbeek. Le lieu du culte qui est presque aussi âgé que la commune devrait retrouver toute sa splendeur.

L’église était clairement, si on ose ainsi s’exprimer, la victime à la fois de la pollution et de la mobilité urbaines. En effet, comme on le rappelle à la commune ces dernières années, une couche noire de gaz d’échappement et de pollution recouvrait de plus en plus l’édifice. Objectif des travaux : faire en sorte que Saint-Servais retrouve son lustre d’antan.

Comme on l’a déjà précisé dans ces colonnes, la rénovation en profondeur concerne la façade, le jardin qui l’entoure et les grilles d’époque qui le délimitent.

Un financement largement régional

Cette rénovation sera de qualité mais sans grever les finances communales puisque le projet est financé à 80 % par les subsides de la Région de Bruxelles-Capitale.

"Schaerbeek a la mission d’entretenir notre magnifique patrimoine. Mais les finances de la commune sont ce qu’elles sont. Il faut donc faire preuve de créativité et trouver d’autres sources de financement. Cette créativité nous permet de préserver ces bâtiments historiques d’une valeur inestimée sans vider les caisses de la commune grâce à l’aide de la Région", précise l’Echevin des Travaux publics, Vincent Vanhalewyn.

L’église Saint-Servais émerge au croisement de la chaussée d’Haecht et de l’avenue Louis Bertrand en quelque sorte en apothéose de la superbe perspective de cette dernière artère.

Les travaux réjouissent aussi d’autres membres du collège de Schaerbeek.

"Ce bâtiment retrouvera bientôt son faste d’antan et reprendra la place qui lui est due, au-delà des croyances religieuses ou philosophiques de chacun, au sein du riche patrimoine de notre commune", se félicite en effet Etienne Noël, l’échevin des Cultes.

Débutés début du mois d’août, les travaux devraient durer 1 an et demi. La rénovation de l’église s’inscrira dans la réfection complète de l’avenue Louis Bertrand qui retrouvera, elle aussi, bientôt, son lustre d’antan.


A la place d’une église plus petite du Moyen Age

Saint-Servais remonte dans sa version actuelle à 1876. Il faut en effet savoir, comme le rappelle l’Inventaire du Patrimoine architectural de la Région bruxelloise, que l’église y a remplacé un édifice plus ancien qui se situait à l’époque en bordure de la rue Teniers. Cette rue fut jadis l’artère principale de l’ancien noyau villageois de Schaerbeek avant d’être remplacée dans la seconde moitié des années 1900 par l’avenue Louis Bertrand. De style gothique, signalée par une tour en façade, la vieille église remontait, pour ses parties les plus anciennes, au XIIIe siècle.

En 1843, devant faire face à une augmentation de la population schaerbeekoise, l’architecte Tilman-François Suys l’avait reconstruite en grande partie, à l’exception du chœur et d’une partie du transept, en s’inspirant de l’édifice originel. Mais vingt ans plus tard, l’administration communale, pour des raisons diverses, décida de l’abattre et de la faire reconstruire entre la chaussée de Haecht et la rue Royale Sainte-Marie dont on envisageait une prolongation, depuis la rue de Locht.

Un édifice isolé au centre d’une place

L’architecte Gustave Hansotte présenta ses idées pour une nouvelle église en 1866. Il avait fait le choix d’un édifice isolé, au centre d’une place. Restait à l’orienter ! Il fut finalement décidé de placer l’entrée principale vers la chaussée de Haecht, en face de l’ancienne rue Teniers, derrière un parvis d’environ 14 mètres de profondeur.

Fin 1867, les plans avaient été acceptés par les diverses instances. En 1871, débutèrent les travaux qui furent achevés cinq ans plus tard. En 1885, des grilles furent placées autour de la zone de recul de l’édifice. L’ancienne église, dont le cimetière est désaffecté en 1867, cohabite quelques années avec la nouvelle, avant d’être démolie en 1905.