Une communication d’urgence en cas de crise

Les réseaux sociaux seront mieux gérés par la Province en cas de catastrophe.

Y. N.
Une communication d’urgence en cas de crise

L’apparition des réseaux sociaux, il y a quelques années, a complètement révolutionné les moyens de communication et d’information. Au point que certains se contentent désormais de quelques lignes pour se tenir au courant de l’actualité. Mais entre intox, fake et vraie info, les utilisateurs de Facebook et autre Twitter ont parfois du mal à repérer le vrai du faux. Surtout lorsque l’on balance des infos pas toujours recoupées.

Un état de fait qui peut avoir des conséquences graves. Notamment lors de catastrophes telles que des attentats, des accidents de train ou encore des inondations. Les autorités provinciales, représentées par le gouverneur du Brabant wallon Gilles Mahieu, ont pris conscience de toute l’importance de communiquer sur les réseaux sociaux, et viennent de signer une convention de collaboration avec Visov, une association française composée d’une centaine de volontaires (pompiers, médecins urgentistes…) travaillant 24/24h et qui peuvent alerter les autorités en cas d’événement grave et informer la population.

Objectif : apporter une plus grande visibilité de l’information sur les réseaux sociaux et ainsi améliorer l’efficacité de la communication.

En cas d’incident grave tel qu’un attentat, le gouverneur pourra décider d’activer les médias sociaux de gestion d’urgence via Visov. L’association sera alors chargée d’écumer les réseaux sociaux à la recherche de posts, tweets, photos et autres vidéos relayant l’événement, de vérifier l’authenticité des faits et de transmettre une information fiable au centre de crise. Lequel pourra adapter sa réaction en fonction.

L’objectif est de transmettre aux autorités l’information la plus précise possible sur la situation sur le terrain : quel est le périmètre impacté, quelles facilités d’accès au site, combien de victimes… "Tout cela pour que les secours puissent intervenir de la manière la plus adéquate, précise Ludovic Lux, président de Visiov. Et favoriser leur rapidité d’intervention."

L’autre axe du partenariat aura pour rôle d’informer le citoyen en déconstruisant les rumeurs qui pourraient, par exemple, créer des mouvements de panique. Comme, par exemple, la présence totalement imaginaire de tireurs embusqués sur les lieux d’un attentat.

"Visov offrira aussi une assistance aux sinistrés en rappelant notamment des consignes de prévention (NdlR : comme ne pas ouvrir les fenêtres en cas d’incendie dans une entreprise chimique toute proche), ou encore en permettant de géolocaliser des personnes sinistrées qui auraient toujours Internet mais plus d’accès au réseau téléphonique mobile."

Bref, Visov - avec l’hashtag #Visov et #MSUG - a pour objectif d’apporter une information claire et précise sur les deux fronts : celui des secours et celui des citoyens.


3 questions à Gilles Mahieu, gouverneur du Brabant wallon

Comment avez-vous eu connaissance de Visov ?

" Le jour des attentats de Bruxelles, j’avais prévu une réunion concernant la préparation des plans d’interventions en Brabant wallon. On suivait la situation et on a remarqué que, sur les réseaux sociaux, une multitude d’informations tombaient. Et certaines étaient contradictoires. On annonçait que tout le métro était impacté alors que seul Maelbeek était touché. Par le passé, j’avais vu que Visov reprenait les messages du gouvernement français. Et que ça marchait pas mal. L’audience des messages était nettement accrue. Avec une grande fiabilité de l’information."

Gérer les réseaux sociaux lors d’une crise, c’est si important que cela ?

" Lors de crise, on a le temps de rien. Surtout pas de regarder les réseaux sociaux. Or, ils présentent une mine d’informations. Visov peut trier ces infos pour décrire aux secours une situation la plus précise possible. Cela nous permet d’adapter notre réaction en fonction. A l’inverse, Visov permettra aussi de diffuser une information à l’attention des citoyens. En temps de crise, les citoyens veulent être informés en temps réel. Cela peut éviter des vents de panique."

En quoi ce serait applicable en Brabant wallon ?

"Dans beaucoup de cas : inondation, incendie, acte terroriste… Si une canalisation d’eau explose, on peut informer les personnes qui en dépendent (particuliers, hôpitaux, écoles…) via les réseaux sociaux. Par le passé, j’ai eu à gérer l’incendie des Mésanges à Mons (NdlR : 7 personnes décédées dans une tour de logements sociaux en 2003). Ce jour-là, on n’a pas pris en compte une rumeur selon laquelle les échelles de pompiers étaient trop courtes et que cela avait causé des décès. Cela a failli causer une émeute. On n’a pas perçu à temps l’importance de cette rumeur. Aujourd’hui, on pourrait la déconstruire plus facilement."