Ittre : la faillite mais pas la fin de l’espoir

Fifi Vincent
Ittre : la faillite mais pas la fin de l’espoir

Certains cadres croient toujours à la reprise d’Idem Papers. Près de 160 emplois pourraient être sauvés.

C’était dans l’air depuis la semaine dernière et rien de ce qui a été fait depuis n’a pu empêcher la mort annoncée d’IdemPapers. Jeudi matin, le tribunal de commerce du Brabant wallon a prononcé la faillite de l’entreprise, qui emploie 380 travailleurs.

La procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) entamée depuis le mois de décembre, avec un sursis plusieurs fois prolongé, n’a pas permis de trouver un repreneur. En théorie, on pouvait encore tenter de le faire jusqu’au 12 juin. Mais le dernier repreneur en lice, le groupe papetier américain Avery, s’est désisté et il n’y avait dès lors plus de possibilité de reprise.

Mieux valait donc arrêter les frais. C’est qu’IdemPapers a notamment accumulé plus de 2,4 millions d’euros de dettes envers l’ONSS. "Malheureusement, les choses sont parfaitement claires", a indiqué à l’audience d’hier le ministère public.

L’entreprise déclarée en faillite

Il n’a fallu que quelques minutes au tribunal pour rendre son jugement, mettre fin à la PRJ, déclarer la faillite de l’entreprise et nommer deux curateurs.

Dans la salle, Barbara Leduc, la permanente CGSLB Brabant wallon, ne cachait pas sa déception. Au contraire de ses collègues de la FGTB et de la CSC, elle avait demandé en début de semaine qu’on laisse encore un délai de quinze jours à la société, le temps que les cadres qui travaillent sur un business plan l’affinent et surtout trouvent un investisseur. Ce qui aurait permis de sauver près de 160 emplois.

La faillite change la donne, mais Barbara Leduc veut encore y croire.

Sauver ce qui peut l’être

Hier après-midi, elle expliquait que le plan élaboré par un responsable logistique, un directeur des ventes et un responsable des projets informatiques avait en réalité été appliqué lors des quatre dernières semaines de fonctionnement de l’entreprise. "Et on a vu que les machines tournaient, que tout fonctionnait bien et que l’argent rentrait : c’est ce qui a permis de payer les salaires !", indique Barbara Leduc.

Laquelle a donc demandé que ce plan soit présenté rapidement au curateur, pour qu’on tente de sauver ce qui peut encore l’être. "Ce sera à lui de décider mais, personnellement, je suis convaincue que cela peut marcher : c’est un business plan qui se concentre sur tout ce qui est rentable. Ceux qui l’ont élaboré y croient encore aussi. Mais pour que ça fonctionne, il faut relancer les machines le plus rapidement possible, pour éviter que les clients s’en aillent ailleurs."