Wavre: un préavis de grève a été lancé par la caserne

Laurent Saublens

Les pompiers pointent des effectifs insuffisants, ce qui perturbe les interventions.Entretien Saul Au sein de la caserne de Wavre, voilà des années qu’on crie haut et fort qu’il manque du personnel. Là, c’en est trop et un préavis de grève est lancé. Délégué syndical, Vincent Vanhove explique les raisons du coup de gueule.

Pourquoi ce préavis de grève ?

L’équipage ambulance (deux hommes) ne participe plus aux interventions pompiers. Nous avons donc deux personnes en moins pour les incendies ou le balisage par exemple. On ne roulait déjà pas sur l’or en personnel. Les répercussions sont énormes sur le travail effectué. On ne s’est pas engagés comme pompiers pour risquer notre vie ou pour savoir que des gens peuvent perdre leur vie car les délais sont trop longs.

Les autorités admettent pourtant le manque d’effectifs…

Oui, mais on veut toucher à nos congés par exemple. On ne doit pas faire de concessions sur la manière dont les politiques doivent trouver des solutions pour recruter plus de personnel. Lors de la dernière réunion, nous avons demandé deux hommes en plus d’ici jeudi. Six pompiers, c’est trop court, surtout que la loi en impose huit ! Les politiques diront que le 22 mars il y a eu réunion de concertation. C’est vrai. Mais d’ici là, il y a près d’un mois qui se passera. Puis, la réunion n’aboutira pas. On reportera d’un mois et encore et encore… Là, on dit stop !

Est-ce si grave ?

Sur le terrain, c’est la catastrophe quand on regarde les faits des dernières semaines. Un simple incendie de cuisine qui se règle en 20 minutes a dégénéré à Chastre avec trois maisons brûlées ! Elles n’auraient jamais dû brûler s’il y avait eu des moyens humains. Pire, à Limelette, une dame âgée est décédée alors qu’elle se trouvait près de la porte d’entrée. Ce sont les pompiers d’Overijse qui sont intervenus. Ils ont mis 27 minutes pour arriver… Lors d’un autre incendie à Limelette, seul l’officier a pu se rendre sur place. Il a réquisitionné des extincteurs là où il pouvait pour tenter de maîtriser le feu en attendant 30 minutes que les pompiers arrivent… C’est risible, on a honte !

La situation est si noire que cela ?

Des efforts sont faits, de l’engagement aussi, mais pas à Wavre ! Ici, on régresse. On prend tout cela pour du mépris. Et puis, le nouveau président est là depuis deux mois. Il est passé au 31 décembre mais on ne l’a jamais vu aux concertations syndicales. Courriers recommandés, lettres, courriels, rien n’y fait alors qu’il sait qu’il y a des tensions ! Il pourrait donner signe de vie.

Que faire pour trouver la solution ?

On veut que cette date du 22 mars soit avancée. Un mois, ce n’est pas long pour le politique mais c’est trop pour nous. Si on sent que des efforts sont faits, on en fera aussi !