Abde a sauvé la vie de l'enfant suspendu dans le vide à Wavre : "Je n'ai rien fait d'extraordinaire"

Abde était présent au sein de l'église lorsque l'adolescent de 12 ans est passé à travers le plafond

Abde a sauvé la vie de l'enfant suspendu dans le vide à Wavre : "Je n'ai rien fait d'extraordinaire"
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Abde était présent au sein de l'église lorsque l'adolescent de 12 ans est passé à travers le plafond

Au lendemain de l'incident qui a émaillé le concert de Noël donné par le choeur des filles Mélopée au sein de l'église Saints Pierre et Marcellin, à Wavre, nous sommes parvenus à retrouver l'homme sans qui les festivités auraient pu virer au drame. Celui qui est parvenu à sauver ce jeune garçon de 12 ans, suspendu à six mètres de hauteur et ne tenant qu'à la seule force des bras.

Les faits se sont produits juste après l'entracte, au moment où les gens regagnaient leurs sièges. "J'étais présent dans la salle car ma belle-fille chantait ce soir-là et ma compagne est membre du comité de la chorale, confie celui qui répond au nom d'Abde. J'étais assis près de la scène, en tant que préposé aux changements de lumières pour accompagner les chansons. On venait de faire un entracte. Les gens commençaient à se rasseoir lorsqu'on a entendu un fort craquement. Immédiatement, j'ai jeté mes yeux en l'air et j'ai vu une plaque de plâtre, assez grande, tomber du plafond. Mon premier réflexe a été de regarder dans la salle pour voir s'il y avait des blessés. Heureusement, personne n'avait été touché par la chute de plâtre."

Abde a alors une nouvelle fois porté son regard vers le plafond, éventré. Et là, stupéfaction. "J'ai vu des jambes qui dépassaient du trou. Et des bras qui serraient une poutre pour éviter de tomber. Toutes les personnes présentes se sont mises à retirer leurs vestes pour créer un amas de vêtements pour amortir une éventuelle chute. Certains ont pris une échelle mais celle-ci était trop courte et en total déséquilibre. Il aurait été beaucoup trop dangereux de faire descendre le garçon par ce biais."

Abde n'a pas hésité une seconde : "Je me suis mis à courir, j'ai grimpé les escaliers quatre à quatre. Quand on a 12 ans, je sais qu'on ne peut pas tenir longtemps comme ça, agrippé à un bout de bois. Je suis arrivé dans la pièce où il se trouvait. Sa soeur était là. Je lui ai dit de se mettre en sécurité pendant que je m'occupais de son frère. Je savais que s'il pesait moins de 100 kilos, j'arriverais à le tirer."

Abde a pris le soin d'éviter de marcher sur les planches de gyproc. "Il fallait tenir en équilibre sur des poutres. Je m'éclairais avec une lampe de poche. Arrivé à hauteur du gamin, je me suis accroupi. Je lui ai tendu la main en lui disant qu'il devait avoir confiance, que je ne le lâcherais pour rien au monde. Il a saisi mon bras et je l'ai tiré vers le haut."

Au final, l'enfant en est quitte pour une belle frayeur. "La structure de l'église n'est en rien en cause. C'est juste que l'enfant marchait à un endroit où il n'aurait pas dû se trouver."

Aujourd'hui, Abde relativise son geste, que certains, dont la mère de l'enfant, n'hésitent pas à qualifier d'héroïque. "Je n'ai rien fait d'extraordinaire, conclut modestement Abde. Je ne pouvais pas laisser l'enfant dans cette situation. Il fallait agir vite. Je n'ai pas hésité une seconde."