À Wavre, où la Dyle a tout submergé, la solidarité prend le relais

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© GUILLAUME JC
A.J (st.)

Ce vendredi à Wavre une phrase revenait sans cesse, comme un exutoire : "On n’a jamais vu ça". Dans les rues, trois hommes poussent une voiture dégoulinante de boue. L’air affairé, deux autres marchent rapidement, la raclette rabattue sur l’épaule à la manière des fusils des militaires. C’est tout le centre de Wavre qui est complètement sous eau. Certains, les larmes aux yeux, sont prostrés tandis que d’autres viennent les relever, portés par une sorte d’énergie solidaire qui ne se révèle qu’en ce genre d’événements extraordinaires.

Une crue inexorable durant la soirée

Jeudi après-midi, c’est vers les quais des Tanneries que la Dyle est sortie de son lit, pour aller faire passer une longue nuit aux Wavriens. Paul Brasseur, échevin chargé des inondations, rappelle pourtant tout le travail fait en amont par la commune pour anticiper ce genre de crise : curage des avaloirs, travaux de maintenance des voiries en 2020. Mais cette masse d’eau intarissable a déjoué toutes les anticipations la nuit de jeudi à vendredi. Au matin, c’est le même constat que dans de nombreuses villes du Royaume : une inondation "comme on n’en a jamais vu".

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Une sinistrée du centre-ville témoigne : "Ça a commencé comme ça, vers 18 heures, l’eau s’est mise à monter, centimètre par centimètre, jusqu’aux alentours de 23 heures." Débordés, les secours ne lui répondent que vers 8 heures du matin. Il faut dire que la force des éléments a pris tout le monde de court. Paul Brasseur rapporte que "l a police était noyée également, avec ses communications coupées. La mise en place du générateur de secours a pris du temps". Quant aux évacués, ils n’ont pas pu prendre place dans le hall de sport de la ville, lui aussi sous eau. Ils ont finalement pu trouver refuge dans une antenne du CPAS. "Excepté une dame qui s’est blessée ce matin lors de son évacuation, il n’y a pas de victimes graves à déplorer", ajoute-t-il.

Face à l’ampleur des dégâts, l’échevin se veut rassurant : essuyant 80 litres d’eau au m² en l’espace d’une heure, la commune de Wavre sera concernée par la reconnaissance du statut de calamité naturelle.

La lente décrue à venir

La décrue a quant à elle déjà commencé, laissant pour toute écume un triste mélange de boue et de déchets divers. Mais la décrue sera lente et un éventuel "retour à la normale" cela ne se fera pas avant quelques jours : "L a ville de Wavre se trouvant en aval d’autres villes touchées par le débordement de la Dyle, comme Ottignies, il faudra encore patienter".

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La gérante d’une parfumerie constate, elle aussi, une très lente décrue. Elle espère ouvrir dès demain, son magasin ayant pu être sauvé des eaux grâce à la pose de sacs de sable par les pompiers. Le gérant d’un magasin de pêche a lui protégé son magasin avec les moyens du bord : "On a colmaté les portes avec l’argile que l’on vend d’habitude". Son enseigne qui arbore ironiquement en lettres rouges "pêche" en bordure des inondations, a été une véritable aubaine pour la population : "J’ai pu dépanner les voisins venus chercher des cuissardes en caoutchouc pour qu’ils puissent retourner chez eux sauver ce qui pouvait l’être."

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