Solidarité à Basse-Wavre : "On ne sait pas si tout sera remis sur pied pour la rentrée"

placeholder
© JC GUILLAUME
Alexandre Jadin (st)

La décrue à Wavre est arrivée plus soudainement que prévu. Dès samedi matin, la Dyle était rentrée dans son lit, laissant sur le sol la marque brune de son passage dévastateur. Dimanche, sous un soleil insolent qui faisait craqueler le sol et dégageait une odeur pestilentielle dans les rues encombrées, c’était le branle-bas de combat au collège de Basse-Wavre, à deux kilomètres du centre-ville.

Le collège, l’un des plus importants de la province brabançonne (2 000 élèves), a pu compter sur l’aide de très nombreux bénévoles. Certains s’étaient rendus sur place pour prêter main-forte afin de déblayer le terrain, ravagé par la Dyle toute proche. Ce n’est pas le travail qui manque : toute une aile du collège, dont certains locaux se trouvent sous le niveau de la Dyle, a été noyée. La salle des fêtes, la bibliothèque ainsi que le gymnase ont également bu la tasse. Dehors, on s’active à étendre les matelas de gymnastique sur la cour de l’école.

Les scouts en renfort

Aux anciens élèves et membres du personnel se sont ajoutés des scouts, "toujours prêts" pour aider. Wendy Vervoort, cheffe de l’unité scoute de Basse-Wavre, témoigne : "On n’avait jamais vu autant d’eau. On a déployé nos scouts en deux zones. L’une est restée au collège, l’autre est montée dans le centre-ville." Victimes eux aussi des événements, les locaux des scouts wavriens, situés dans une aile du bâtiment scolaire, ont été complètement dévastés. Ils participent avec énergie à l’élan de solidarité dans la ville…

Claire Oriane, professeur d’expression artistique, nous montre l’ampleur des dégâts de l’établissement réunissant des élèves de la maternelle au secondaire. Dans la bibliothèque de l’école, une ambiance surréaliste règne. Située dans une ancienne chapelle désacralisée, la lumière des vitraux inonde des tables sur lesquelles ont été placés des manuels pour tenter de les sauver des eaux. Le sol est spongieux et les étagères imbibées. "Déjà en 2011, on a eu des sacrées inondations, mais là c’est inédit."

Deux dames pénètrent dans le lieu : "Je viens voir si on peut aider, mon fils était chez les scouts." C’est ainsi que le nettoyage avance, spontanément. Énergiquement. Solidairement.

À ces dégâts doit s’ajouter la perte d’une partie du matériel électronique de l’établissement : baffles, ordinateurs, tableaux interactifs ont également souffert des inondations. Claire Oriane s’inquiète : "On ne sait pas si en septembre cela sera remis sur pied. On ne sait pas quand l’on sera dédommagés par les assurances, ni quand nous pourrons compter sur une assistance publique."

Une entraide nécessaire

Paul Brasseur, échevin en charge des inondations de la Ville de Wavre, exprime à cet égard le besoin des autorités publiques de pouvoir s’appuyer sur la solidarité des citoyens. En effet, "les services communaux s’occupent en priorité de la remise en état des routes et des canalisations", "l’aide aux particuliers viendra ensuite".

La commune a par ailleurs déjà disposé des conteneurs dans les rues pour pouvoir évacuer les déchets. Un parent d’élève s’exprime à ce sujet : "Il semble qu’aujourd’hui les citoyens se demandent plus ce qu’ils peuvent faire pour la collectivité plutôt que ce que la collectivité peut faire pour eux. C’est une sorte de fonctionnement à double sens." Paul Brasseur ajoute néanmoins que l’aide aux particuliers va progressivement se généraliser. Si le désormais fameux numéro 1722 est submergé, une liste d’attente a été instaurée, ce qui permet de mieux organiser les aides publiques aux particuliers. Wavre n’en a pas fini de panser ses plaies…