Marc Susini sur la fermeture des boîtes de nuit: "On empêche les gens de sortir dans des endroits sécurisés"

Marc Susini, le patron du Doktor Jack, estime que la décision de libérer plusieurs secteurs en même temps a mené à ce rétropédalage.

Marc Susini sur la fermeture des boîtes de nuit: "On empêche les gens de sortir dans des endroits sécurisés"
©BAUWERAERTS DIDIER

C'est un nouveau coup dur pour le monde de la nuit. Moins de deux mois après leur réouverture, les boîtes de nuit doivent à nouveau fermer leurs portes, alors qu'elles sont restées fermées durant un an et demi. La mesure entre en vigueur dès ce samedi et court jusqu'au 15 décembre au moins, date du prochain comité de concertation.

Marc Susini, patron de plusieurs établissements du Clos Lamartine à Braine-l’Alleud, dont le Doktor Jack, dit comprendre la décision au vu des chiffres de contaminations mais avoue qu’il n’avait pas anticipé une mesure aussi radicale. “Je ne m’attendais pas à une fermeture pure et dure. Je pensais qu’ils allaient demander que les gens restent assis, exiger le service à table et le port du masque lors des déplacements. Pourtant, le dispositif fonctionne : vendredi passé, on a réalisé 640 tests antigéniques à l’entrée et un seul était positif. Mais on n’a même pas eu le temps de vérifier que le CST + est efficace. Le problème, c’est qu’on va empêcher les gens de sortir dans des endroits ventilés, contrôlés et tenus par des professionnels et qu’au lieu de ça, ils vont organiser des fêtes privées, sans règles sanitaires.”

Pour lui, ce rétropédalage est la conséquence de mauvaises décisions prises aux derniers comités de concertation. Les décisions de rouvrir les boîtes de nuit, de lever l'heure de fermeture de l'Horeca ou encore d'autoriser des événements de masse à la même date auraient, dit-il, conduit à la situation que l'on connaît actuellement. "On a libéré tous les secteurs trop vite, il aurait fallu être plus prudent. Rouvrir le 1er octobre, alors qu'on sait que le virus est plus virulent en hiver, ce n'était pas judicieux. Lors de la réouverture, j'avais dit que je ne voulais pas refermer après trois mois. Finalement, on a tenu la moitié. J'ai acheté 3 000 autotests, je vais pouvoir les jeter… ou les offrir à Noël."

Carton plein depuis la réouverture

Cette décision de fermeture tombe alors que les établissements du Clos Lamartine tournaient à plein régime. “Je ne dirais même pas qu’on était en plein envol, on était en pleine explosion ! Je n’ai jamais connu une telle fréquentation. C’était une véritable frénésie de sorties. Les gens en avaient besoin, l’humain a besoin de voir du monde. Cela m’a permis de renflouer les caisses car on était vraiment à sec.”

Et le mois de décembre s’annonçait très chargé également : “On avait beaucoup d’événements d’entreprise prévus à l’Acte 3, tous complets, mais on a dû tout annuler. Pareil pour les soirées du Doktor Jack, dont la soirée de Nouvel An.” Le gérant a décidé de fermer tous ses établissements, à l’exception du bowling, même s’il aurait pu garder les bars ouverts. Il estime que ce ne serait pas rentable d’ouvrir s’il faut fermer à 23 heures.