Ecolo éjecté de la majorité à Ottignies-Louvain-la-Neuve, le MR va reprendre le mayorat

Ottignies-Louvain-la-Neuve a longtemps été considéré comme un laboratoire pour la gestion locale à la mode Ecolo. C'est désormais de l'histoire ancienne. Un renversement de majorité est annoncé.

Frédéric Chardon et Quentin Colette
Julie Chantry, bourgmestre Ecolo à Ottignies-Louvain-la-Neuve
Julie Chantry, bourgmestre Ecolo à Ottignies-Louvain-la-Neuve ©BELGA

Le collège actuel composé des verts, des socialistes et du CDH sera remplacé par une équipe reprenant le MR local, le PS et le CDH. Ecolo repasse donc sur les bancs de l'opposition et la bourgmestre Julie Chantry (une écolo) va perdre ses fonctions.

Selon nos informations, le MR va reprendre le mayorat. Le nom de Nicolas Van der Maren (conseiller communal) est cité. Il y a un acccord politique à son sujet.

Un communiqué annonçant ce brusque virage de la politique local a été transmis aux rédactions ce mercredi matin. Une conférence de presse du MR, du PS et du CDH aura lieu à 17h30 dans la commune universitaire.

Pourquoi Ecolo se voit-il débarqué de la sorte ?

Selon nos sources, il semble qu'Ecolo a agacé ses partenaires socialistes et humanistes en pratiquant une politique trop exigeante vis-à-vis de l'UCLouvain. D'autres facteurs, plus "politiciens" sont également évoqués.

Une "guéguerre stérile"

Retour sur les tensions de ces derniers jours. Yves Leroy, conseiller communal d'Ottignies-Louvain-la-Neuve (Avenir, majorité), avait envoyé une lettre ouverte à la presse pour dénoncer les propos tenus par l'échevin du Budget et des Finances, Philippe Delvaux (Ecolo), dans le magazine Médor, le mois dernier, à l'égard de l'UCLouvain.

Certes, l'homme a été directeur du Centre sportif de Blocry et facilitateur de l'UCLouvain. De quoi comprendre son attachement profond à l'université. Mais il est aussi un sage, un fédérateur. Sa sortie avait donc de quoi interpeller. "Cet article où l'échevin s'attaque à l'université en vue de lui soutirer de l'argent (NdlR : de longue date, l'échevin soutient que l'UCLouvain ne contribue pas assez aux finances communales) , c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, commentait Yves Leroy. Ce n'est pas la première fois qu'il fait ce type de sortie et je lui ai déjà dit que je le regrettais. Cela devient dénigrant et ici, je dis stop, cela doit cesser. Il faut arrêter cette guéguerre stérile."

Philippe Delvaux
Philippe Delvaux ©Facebook

Le conseiller communal reconnaissait que l'échevin maîtrise ses dossiers et que le budget de la Ville n'est pas facile à boucler. Mais il se désolait qu'il ait choisi l'université comme cible, une institution dédiée à l'enseignement et à la recherche. "Il se trompe de combat. Notre histoire commune a montré qu'il est bénéfique pour la Ville et l'université de travailler ensemble."

De son côté, Philippe Delvaux s'était dit "étonné" de la démarche d'Yves Leroy. "Il ne m'a pas contacté. Sur le fond, mes arguments ne sont pas neufs. L'UCLouvain apporte quelque chose de fantastique à la ville et participe à son développement. De mon côté, je regarde le budget dans sa globalité et chacun a son point de vue sur la participation de l'UCLouvain aux finances communales."

Deuxième dissension

Il s'agissait là de la 2e sortie d'un membre d'Avenir qui montrait des dissensions au sein de la majorité, après celle de Cédric du Monceau sur le permis délivré par le collège pour le château de Limelette. "Force est de constater que les désaccords deviennent flagrants et importants au sein de la majorité. Cela démontre qu'elle ne tient plus à grand-chose" , soutenait le chef de file d'OLLN 2.0 (alors dans l'opposition), Nicolas Van der Maren.

Que ce soit à l'UCLouvain, la Province ou encore à l'inBW, il nous revenait qu'il est difficile, nous confirme une source, de travailler avec Philippe Delvaux. Car si c'est quelqu'un de travailleur qui s'implique énormément dans ses dossiers, on lui donne un côté obtus, condescendant et donneur de leçon qui irrite et n'aide pas à trouver le consensus. Sans oublier ses sorties médiatiques qui en crispent plus d'un. "Je peux entendre que sa façon de faire ne plaît pas à certains. Mais il a à cœur de défendre les intérêts de la Ville et il a toute ma confiance" , indiquait Julie Chantry, la bourgmestre.

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