A Villers-la-Ville, MR (majorité) et Ecolo (opposition) se prennent le chou pour un... passage piétons

Même quand tout le monde est d’accord pour créer un nouveau passage pour piétons, l’ambiance reste tendue entre la majorité et l’opposition…

Vincent Fifi
Un passage pour piétons qui électrise
©CVTFI

Au dernier conseil communal de Villers-la-Ville, un point concernait l’ajout d’un passage pour piétons à la rue Ruffin, à hauteur de la plaine des sports de Marbisoux. Juste en face de cette plaine très fréquentée par les jeunes, de l’autre côté de la chaussée, un petit chemin piéton débouche et une riveraine a suggéré de mieux sécuriser les lieux en créant ce passage à marquer au sol. Ce qui, pour la majorité, est une bonne idée.

Mais ces derniers temps, au conseil villersois, même un point qui semble mettre tout le monde d’accord peut électriser l’ambiance. Et c’est ce qui s’est passé…

"Nous avons vu qu'une citoyenne avait fait la demande, et nous ne sommes pas contre, a commencé Nadia El Abassi, pour le groupe Écolo. Mais pourquoi ne pas travailler sur base d'un plan "piétons" pour l'ensemble du territoire ? Cela permettrait d'établir des priorités, d'avoir une vision sur les endroits à sécuriser avec des passages pour piétons ou avec des trottoirs… Ce serait bien d'avoir un plan global, plutôt que de travailler à la demande !"

L'échevine de la Mobilité, Julie Charles (MR), a répondu qu'il existait déjà un plan à l'échelle du territoire communal : c'est le plan communal de mobilité (PCM), qui a été élaboré avec l'appui d'un bureau d'études et a été soumis au conseil. "Je sais bien que les Écolos aiment les plans, les plans de plans, les plans plans plans… Mais à un moment, il faut avancer !"

Nadia El Abassi a répondu sur le même ton polémique, indiquant que le PCM intervient à un niveau plus haut, plus stratégique. Mais que la majorité préfère sans doute agir à la demande. "Faire du clientélisme : les gens qui osent demander obtiennent, ceux qui n'osent pas n'ont rien."

Le bourgmestre Emmanuel Burton (MR) est monté à son tour au créneau. "C'est faux, s'est-il insurgé. Nous sommes à l'écoute de la population, nous sommes élus pour cela ! Mais il arrive souvent que les gens demandent des choses et que pour des raisons objectives, nous refusons. Bon, j'ai bien compris votre logique : si on dit non, on ne respecte pas la volonté des citoyens et si on dit oui, c'est du clientélisme !"

Julie Charles a enchaîné en affirmant que dans le cas de ce passage à la rue Ruffin, c'était une pièce du maillage piéton qui manquait, juste devant la plaine des sports et la maison des jeunes de Marbisoux. "Il n'y a pas besoin d'un plan pour s'apercevoir que c'est nécessaire", a-t-elle conclu.