Tanguy Stuckens, député provincial, tire la sonnette d’alarme concernant le nouveau décret.

Trouver une place dans un milieu d’accueil, c’est parfois, voire souvent, un long et pénible chemin de croix pour les parents. Et malheureusement, les choses pourraient encore se compliquer. En effet, le nouveau décret voté en février dernier par la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui entend réorganiser profondément le secteur de la petite enfance pourrait avoir de lourdes conséquences. "Il y a quelques points positifs comme l’encadrement, la formation, la visibilité des milieux d’accueil mais il y a aussi plusieurs inquiétudes", note Tanguy Stuckens, député provincial en charge de la Petite Enfance.

Sa première crainte, elle est d’ordre budgétaire. "Cette réforme a été votée juste avant les élections sans prévoir les financements qui vont avec. Alors soit les coûts seront pour la commune, soit ils seront pour les privés et dans ce cas, ce sont les parents qui en subiront les répercussions. La grande question est donc de savoir si le financement va suivre et aujourd’hui, ce n’est pas le cas."

L’autre grosse crainte du député provincial, c’est la future disparition des milieux de co-accueil. "Il est effectivement prévu de mettre fin au co-accueil. Actuellement en Brabant wallon, on en compte 34, qui représentent 272 places à temps plein que l’on peut estimer à 350 enfants en tout. Des places qui fonctionnent avec du personnel qualifié et de qualité sont donc en péril."

D’autant que les normes changent avec l’apparition d’un chiffre "magique" : le 7. "Toutes les crèches vont devoir disposer d’un nombre de places qui correspond à un multiple de 7. D’accord, mais aujourd’hui, un milieu qui accueille 18 enfants, va-t-il passer à 21 sachant qu’il devra s’agrandir et que cela va engendrer de nouveaux frais ? Il aura peut-être tendance à passer à 14 enfants et on se retrouve avec encore quatre places de moins par exemple, continue Tanguy Stuckens qui craint un effet inverse du décret. J’ai peur que d’ici 5-10 ans, on se retrouve avec 20 % de places en moins en Brabant wallon suite à ce décret. Je ne demande qu’à être rassuré et nous allons prévoir une réunion avec les 27 communes du Brabant wallon, ainsi que l’ONE, pour savoir quelles sont les orientations à prendre."

40% des places dans le privé

Si les crèches privées sont généralement plus chères, elles jouent un rôle important puisqu’elles représentent près de 40 % des places d’accueil disponibles au sein de la Jeune Province. "On est à environ 2 000 places mais les crèches privées sont également en péril", déplore Tanguy Stuckens, député provincial.

En effet, l’ONE impose désormais que tous les milieux d’accueil soient organisés en ASBL ou en coopérative à finalité sociale. "Aujourd’hui, il existe des crèches en SCRL ou avec des accueillantes indépendantes qui ne pourront, à l’avenir, plus jouir de ce statut. Se pose alors la question de savoir si ces personnes vont continuer ou se réorienter vers un autre secteur entraînant par la même occasion de nouvelles places en moins. On n’a pas le droit de dire sous quel statut peut être employée la personne qui répond aux normes."